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mardi, septembre 15, 2026
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Mike van Akkoi : « Vara Mada pourrait générer 26,7 milliards de dollars d’activité économique »

Mike van Akkooi, directeur général de Vara Mada.

Vice-président senior chargé des affaires externes mondiales d’Energy Fuels et directeur général de Vara Mada, Mike van Akkooi pilote aujourd’hui l’un des projets industriels les plus structurants envisagés à Madagascar. Avec, à la clé, 26,7 milliards de dollars d’activité économique sur sa durée de vie

Dirigeant international ayant travaillé dans plus de cinquante pays, passé par des groupes majeurs comme BHP Billiton et Kinross Gold, il défend une approche exigeante des projets miniers : standards internationaux, transparence, dialogue avec les communautés et intégration dans les réalités locales.

À la tête de Vara Mada, filiale du groupe américain Energy Fuels — acteur de référence dans les matériaux critiques et les terres rares — il porte une conviction : un projet industriel ne peut réussir durablement que s’il est à la fois techniquement solide, socialement accepté et politiquement compris.

Il nous livre, dans une interview, sa volonté d’expliquer le projet de manière ouverte, honnête et accessible à tous les Malgaches.

Midi Madagasikara: Pourquoi êtes-vous venu à Madagascar ?

Mike van Akkooi : Ma principale mission est de faire avancer ce projet, mais surtout de pouvoir l’expliquer clairement. Un projet de cette ampleur ne peut pas se construire sans compréhension. Il est essentiel que les Malgaches — en particulier les populations concernées — comprennent précisément ce qu’il est, ce qu’il n’est pas et ce qu’il peut apporter. Nous parlons ici d’un projet aux dimensions économiques, sociales et environnementales immenses. Notre responsabilité est donc d’avoir une démarche ouverte, honnête et directement accessible. C’est aussi une conviction personnelle : la réussite d’un projet industriel repose autant sur la qualité de son dialogue que sur sa solidité technique.

M.M : Que représente concrètement le projet Vara Mada pour le pays ?

MvA: C’est une opportunité majeure pour Madagascar, et cela se mesure très concrètement. Selon une analyse réalisée par Ernst & Young, un cabinet indépendant reconnu au niveau mondial pour la qualité de ses travaux, le projet pourrait générer 26,7 milliards de dollars d’activité économique sur sa durée de vie.

Chaque année, cela représenterait environ 130 millions de dollars de recettes fiscales pour l’État, soit une contribution significative au budget national, et près de 500 millions de dollars de contribution au PIB, soit environ 3% de l’économie du pays. Mais au-delà des chiffres, il faut regarder ce que cela signifie : des emplois, des opportunités pour les entreprises locales, des ressources pour financer des services publics, et une dynamique économique durable, notamment pour les jeunes générations. Notre ambition est que cette création de valeur se traduise concrètement dans le quotidien des populations.

M.M: Où en êtes-vous aujourd’hui dans l’avancement du projet ?

MvA: Nous avons franchi une étape importante avec les travaux menés par Ernst & Young, dont les conclusions confirment le potentiel structurant du projet pour Madagascar. La prochaine étape clé concerne la mise à jour de l’étude d’impact environnemental et social. C’est une phase essentielle, qui prendra entre 14 et 16 mois, car elle doit être menée avec rigueur et transparence. Une fois finalisée, cette étude devra être validée par les autorités malgaches compétentes, notamment le Parlement et la Haute Cour constitutionnelle. Ce processus sera entièrement transparent et public. C’est une condition indispensable pour construire un projet crédible et accepté.

M.M : Beaucoup d’inquiétudes existent sur les impacts environnementaux. Que répondez-vous ?

MvA: Nous avons précisément fait évoluer le projet pour répondre à ces préoccupations, en intégrant les retours exprimés par les communautés et les parties prenantes. Le fonctionnement est très différent de l’image que l’on peut avoir de l’exploitation minière. Il n’y a pas de mines à ciel ouvert avec des trous permanents. Le fonctionnement est simple : on retire la terre, on extrait les sables, puis on remet les terres en place et on replante. Ce cycle complet dure environ 3 à 4 ans, ce qui permet une restauration progressive et complète des terrains. Il est également important de préciser que ce projet n’utilise aucun explosif, aucun produit chimique, et qu’il n’y a pas de radioactivité dans les sols. Aujourd’hui, une partie des inquiétudes repose sur des perceptions ou des rumeurs. Notre rôle est d’apporter des éléments factuels, pour permettre à chacun de juger sur la base de la réalité du projet. J’insiste sur le fait que ce projet n’utilise ni explosifs ni produits chimiques, et que les terrains sont restaurés en quelques années.

M.M: Le projet se situe-t-il à proximité des habitations ?

MvA: Non. Le projet est situé à environ 11 kilomètres des communautés. C’est un point important, car certaines perceptions laissent penser que l’exploitation se ferait au cœur des zones d’habitation. Ce n’est pas le cas. L’ensemble de la conception du projet vise précisément à limiter les impacts directs sur les populations.

M.M : Comment prenez-vous en compte les dimensions culturelles locales, notamment la question des tombeaux ?

MvA: Nous travaillons avec un panel d’experts, à la fois nationaux et locaux, notamment issus de Toliara, ainsi qu’avec les communautés, pour identifier les sites culturels et les tombeaux qui pourraient être concernés. Dans tous les cas, si des impacts devaient être confirmés, nous agirions dans le strict respect des traditions. Cela signifie travailler avec les familles, accompagner les décisions et prendre en charge l’ensemble des coûts liés aux déplacements et aux cérémonies. C’est un sujet qui exige beaucoup de respect et de sensibilité.

M.M : Le projet a suscité des oppositions. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?

MvA: Nous avons entendu les préoccupations exprimées dans le passé. Aujourd’hui, notre intention est de faire évoluer profondément l’approche, pour construire un projet apolitique, inclusif et largement soutenu. Cela passe par plus de dialogue, plus de transparence et une meilleure prise en compte des attentes des différentes parties prenantes. Un projet comme celui-ci ne peut avancer durablement que s’il est compris et partagé.

M.M: Certains évoquent des pressions américaines autour du projet. Qu’en est-il ?

MvA: Nous sommes une entreprise privée. Nous ne participons pas aux discussions entre gouvernements. Notre rôle est de développer un projet industriel, dans le respect du cadre malgache, des institutions et des règles en vigueur.

M.M : Le contexte politique malgache peut-il être un frein ?

MvA: Les projets miniers s’inscrivent dans le temps long. Ils traversent plusieurs cycles politiques, dans tous les pays du monde. Nous travaillons avec les autorités en place, qui ont le mandat pour représenter l’ensemble des citoyens malgaches, avec une vision de long terme, car un projet comme Vara Mada est conçu pour durer plusieurs décennies. L’enjeu est de construire quelque chose de solide, capable de s’inscrire dans cette durée.

M.M : Quelle est votre priorité aujourd’hui ?

MvA: Clarifier, expliquer et continuer à dialoguer. Nous voulons nous assurer que chacun comprend le projet, ses impacts réels et ses bénéfices potentiels. C’est la condition pour avancer sereinement et construire un projet durable, crédible et utile pour Madagascar.

Propos recueillis par R.Edmond

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