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mardi, septembre 1, 2026
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Mondial 2026 : Les sélections africaines maudites par les dernières minutes

Au cœur des seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, quatre équipes africaines – l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC) et le Sénégal – ont vécu des scénarios cruels, lâchant prise dans les ultimes instants de matchs qu’elles dominaient ou maîtrisaient largement. Aucun de ces effondrements n’est intervenu avant la 70e minute. Le véritable point commun ? Une incapacité collective à gérer une position de force et à verrouiller le résultat, malgré une compétitivité évidente face à des nations plus huppées. S’agit-il d’un problème structurel lié à l’expérience des grands rendez-vous, à la préparation mentale ou à des faiblesses tactiques en fin de match ? Ou simplement d’un épisode transitoire dans la progression du football africain ? Ce dossier explore, match par match, ces drames tardifs.

Afrique du Sud 0-1 Canada : Le but fatal dans les arrêts de jeu

Les Bafana Bafana tenaient tête aux co-organisateurs canadiens depuis le coup d’envoi, dans un match très disputé. Ils ont résisté avec discipline, frustrant les attaques adverses pendant la quasi-totalité de la rencontre. Mais dans le temps additionnel (92e minute), Stephen Eustáquio a décoché une splendide frappe lointaine qui a trompé Ronwen Williams. Ce but a éliminé l’Afrique du Sud, qui disputait son premier huitième de finale historique. Malgré la défaite, les Sud-Africains peuvent être fiers d’une campagne solide, marquée notamment par une qualification arrachée en phase de groupes.

Côte d’Ivoire 1-2 Norvège : L’égalisation insuffisante

Les Éléphants, emmenés par un Emerse Faé pragmatique, ont livré un combat intense. Amad Diallo a égalisé à la 74e minute, redonnant espoir à toute une nation après un début de match difficile face au duo offensif norvégien (Haaland, Sørloth). Mais Erling Haaland, omniprésent, a inscrit le but de la victoire à la 86e minute, scellant l’élimination ivoirienne. La Côte d’Ivoire a « tout donné », selon son sélectionneur, mais a manqué de maturité pour tenir le score dans les ultimes instants. Un regret immense pour une équipe qui avait montré de belles promesses en phase de groupes.

RDC 1-2 Angleterre : Le doublé de Kane en fin de match

Les Léopards ont créé la sensation en menant 1-0 dès la 7e minute, grâce à un but magnifique de Brian Cipenga. Ils ont résisté vaillamment pendant plus d’une heure, tenant en échec une Angleterre favorite. Jusqu’à la 75e minute, l’espoir était permis. Mais Harry Kane a alors pris les choses en main : un doublé en l’espace de onze minutes, dont un but décisif à la 86e, a renversé le match (2-1). La RDC a démontré une résilience remarquable, mais a payé cher un relâchement fatal dans la gestion de la fin de rencontre.01

Sénégal 2-3 Belgique (a.p.) : Le naufrage auto-infligé

Le scénario le plus spectaculaire et le plus douloureux. Les Lions de la Teranga menaient 2-0 jusqu’à la 85e minute face à une Belgique en difficulté. Tout semblait plié. Puis, en l’espace de quelques minutes, les Belges ont égalisé grâce à des buts de Romelu Lukaku et Youri Tielemans (dont un penalty). En prolongation, un nouveau but belge (125e minute, penalty transformé par Tielemans) a achevé le Sénégal (3-2). Un joueur sénégalais a même qualifié ce revers d’« auto-infligé » plutôt que subi, pointant du doigt des erreurs individuelles et une gestion collective défaillante une fois l’avantage acquis. Un effondrement rarissime pour une sélection habituée à la solidité.57

Un dénominateur commun : la gestion des acquis en fin de match

Quatre sélections, quatre staffs techniques différents, un seul constat accablant : le basculement intervient systématiquement dans le dernier quart d’heure (ou en prolongation). Au moment où il faut passer d’une phase de construction et de domination à une gestion défensive rigoureuse, les failles apparaissent – concentration qui chute, erreurs techniques, fatigue mentale ou manque d’expérience des scénarios à haute intensité. Le football africain a largement prouvé, pendant ces matchs, sa capacité à rivaliser avec les grandes nations. Mais transformer une position dominante en victoire reste un défi récurrent. Ces éliminations soulèvent des questions plus larges sur la préparation psychologique, la profondeur de banc, ou encore les modèles de jeu adaptés aux fins de matchs tendus. Pour autant, ces parcours restent encourageants : plusieurs de ces équipes ont atteint les huitièmes pour la première fois ou avec brio. Le chemin vers la maturité passe sans doute par l’analyse froide de ces « malédictions » des dernières minutes. Le football africain n’est pas maudit, il est en pleine évolution.

Dossier recueilli par Heriniaina Samson

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