
Une évaluation nationale inédite révèle l’ampleur de la crise de la santé reproductive à Madagascar. Parmi les constats les plus alarmants figure la forte contribution des adolescentes au taux de mortalité maternelle. La situation est le reflet de profondes inégalités sociales et sanitaires.
Des jeunes mères particulièrement exposées. Le dernier rapport national sur la santé de la reproduction du ministère de la Santé publique, appuyé par l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) et l’OMS (Organisation mondiale de la santé), dresse un constat préoccupant en termes de mortalité maternelle. Le ratio atteint 445 décès pour 100 000 naissances vivantes dans les établissements de santé. Parmi ces décès, les adolescentes âgées de 15 à 19 ans représentent, à elles seules, « 17% ». Un chiffre révélateur de leur extrême vulnérabilité.
Planification
À en croire le rapport, cette surmortalité s’inscrit dans un contexte marqué par des grossesses non planifiées et un accès limité à la contraception. Environ 27% des femmes célibataires sexuellement actives ne disposent pas des méthodes contraceptives souhaitées, ce qui les expose davantage à des grossesses précoces. Une situation qui conduit souvent à des avortements à risque. Entre 46 et 63%, des grossesses non désirées se terminent clandestinement, augmentant considérablement les risques de complications mortelles, peut-on lire dans le rapport.
Contraintes
Outre les chiffres, le document met en lumière des parcours de soins tardifs et incomplets, ainsi que des obstacles sociaux persistants qui entravent l’accès des jeunes filles aux services de santé reproductive. Par ailleurs, l’évaluation souligne le rôle déterminant des violences basées sur le genre dans cette crise. « Le refus du conjoint constitue un frein majeur à l’utilisation de la contraception. » Entre 80 et 90% des femmes déclareraient y recourir en secret, par crainte de violences ou d’abandon. Ce climat de peur limite ainsi l’autonomie des adolescentes et aggrave leur exposition aux risques sanitaires. À ces contraintes sociales s’ajoutent des défaillances structurelles du système de santé, où plus de 80% des structures sanitaires signalent des ruptures de stock de contraceptifs. Pour relever les défis, le rapport appelle à une transformation profonde.
José Belalahy




