El Ninõ signifie en espagnol « le garçon » ou « le bébé ». Le phénomène climatique naturel a été baptisé ainsi car ses effets majeurs se produisent autour de Noël, c’est-à-dire au moment de la célébration de la naissance de « l’Enfant Jésus ».
Neny ô
Il est fort possible que les personnes affectées par les impacts éventuels, à Madagascar, du phénomène climatique naturel s’exclament « Neny ô ». Ou même « Ninô », pour exprimer en phonétique le parler des gens dans certaines contrées rurales. El Ninõ risque effectivement d’avoir des effets dramatiques, comme la sécheresse, les feux de forêt, les inondations, les mauvaises récoltes, la flambée des prix, la pénurie alimentaire, le ralentissement des activités de pêche à cause de l’appauvrissement en nutriments des océans. Il n’est pas exclu que le spectre du « kere » et les perturbations climatiques puissent engendrer des déplacements de population à l’intérieur même du pays, à défaut de pouvoir migrer hors des frontières. Les mouvements de population risquent de toucher particulièrement le peuple nomade du Sud, habitué à l’exode vers des régions moins hostiles comme le Nord-Ouest de la Grande Île. Les impacts d’El Ninõ et les flux de réfugiés climatiques pourraient être source de conflits socio-économiques. Sans oublier les effets éco-épidémiologiques, à cause de la diffusion et de la transmission de maladies vectorielles entraînées dans son sillage par le phénomène océanographique cyclique le plus intense jamais enregistré ces dernières années. À tel point qu’il est qualifié de « Super El Ninõ », par comparaison, peut-être, avec la série télévisée « Super Nanny », quoique le phénomène climatique soit loin d’être de la téléréalité. Ce n’est pas non plus un personnage de légende comme le père Noël, même si « El Ninõ » se manifeste surtout autour du 25 décembre. Soit deux mois après la date du 25 septembre, synonyme de bouleversement du climat politique à Madagascar.
R.O




