
Le président de la Refondation de la République de Madagascar doit s’attendre à ce que ces politiciens avides de « seza » se retournent contre lui si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Gen Z, Gen Y, Gen X, « mpitolona », parlementaires, partis politiques, groupuscules qui n’ont jamais eu aucune chance de gagner une quelconque élection, association de natifs de telle ou telle région, arrivistes, « mpijapy train », lèche-bottes, spécialistes du détournement de veste. Tout le monde tente de mettre la pression sur le colonel Michaël Randrianirina pour réclamer un « seza ». Décidément, c’est le régime qui change, mais la pratique politique ne change pas et, à l’allure où vont les choses, cela risque de s’éterniser. Depuis l’annonce de la dissolution du gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo, les tractations vont bon train. Les réseaux sociaux et les médias sont inondés de personnes ou de groupes de personnes faisant une déclaration, soi-disant pour affirmer ou réitérer leur soutien au régime de refondation et présenter des noms de candidats « Premier-ministrables » et/ou « ministrables ». Chacun affirme avoir participé et soutenu le « tolona ». La question est de savoir si ces gens sont conscients qu’il n’y a qu’une seule place à Mahazoarivo et qu’une trentaine de « seza » seulement sont à convoiter au sein du gouvernement.
Intérêts personnels
Nul n’ignore que ce genre de déclaration ne facilite pas la tâche du président de la Refondation de la République de Madagascar. D’autant plus qu’on sait que ces déclarations sont motivées uniquement par la recherche d’intérêts personnels, tandis que l’intérêt de la Nation est relégué au second plan. Par ailleurs, le risque pour le devenir du pays est énorme. Avec un Premier ministre et des ministres parachutés, et un gouvernement issu de la culture du népotisme et du clientélisme, la future équipe gouvernementale risque d’être inefficace, dans la mesure où ses membres vont forcément se sentir redevables envers ceux ou celles qui les ont poussés à obtenir le poste. Ce genre de comportement typique des politiciens malgaches a toujours constitué un blocage au bon fonctionnement des structures étatiques. Cela doit changer si on veut instaurer le vrai changement au pays. Il faut savoir, en effet, qu’opérer une Refondation signifie avant tout instaurer une rupture totale avec les mauvaises pratiques du passé. Soumis à de fortes pressions de la part de ses compagnons de lutte, le colonel Michaël Randrianirina doit, quant à lui, faire preuve de lucidité pour former le deuxième gouvernement de son régime de transition. Quoi qu’il en soit, le président de la Refondation de la République de Madagascar doit s’attendre à ce que ces politiciens avides de « seza » se retournent contre lui si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Davis R


