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mardi, septembre 22, 2026
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Nonoh Ramaro : « Ako » ou le retour au pays de l’art

Les expressions artistiques se sont tressées lors du vernissage de l’exposition « Ako » de Nonoh Ramaro à l’ADMC–CRAAM, vendredi dernier.

Porté par le souffle du terroir, le peintre Nonoh Ramaro signe un retour magistral après plusieurs années d’absence à l’ADMC–CRAAM. À travers dix-neuf toiles vibrantes de liberté, son lyrisme chromatique célèbre l’âme musicale malgache jusqu’au 21 août.

Sur les murs de l’ADMC–CRAAM de l’université de Tananarive, Nonoh Ramaro, artiste peintre, rend hommage aux arts musicaux du terroir, avec le « hiragasy » en tête, dans « Ako ». Dix-neuf tableaux en tout, dont le vernissage a eu lieu en fin de semaine. Par ricochet, il signe son grand retour après une dizaine d’années loin de l’immobilisme sectaire de l’art contemporain actuel. « Cela a été comme un plongeon pour moi », avoue-t-il. Malgré ses plus de 25 années de carrière, retrouver un public n’est jamais facile pour tout artiste. Il promet donc d’autres évènements dans les mois et les années à venir. « J’ai choisi le titre Ako par jeu de subtilité : une peinture est faite pour être regardée. Pas pour être écoutée », s’amuse-t-il un brin. Des tableaux de sa collection de 2025 et de 2026. Mais le lyrisme chromatique, la « science » du mouvement, la dynamique visuelle et les qualités « Nonoh Ramaro » sont restées. D’autres s’y sont même ajoutées : l’usage du bleu industriel, une approche plus narrative, par exemple sur « Faritra mena », les fragmentations géométriques… Bien sûr, sa tendance à la rupture post-moderne sur « Ako », le titre de l’exposition jusqu’au 21 août (horaire de visite : 10 h à 16 h), donne l’impression d’un artiste qui veut s’affranchir. Pour se donner le pouvoir de se raconter, où l’art malgache est un territoire libéré. Il est temps aussi d’admettre que, quelque part, face à la sclérose conceptuelle et marchande de l’art visuel tananarivien ces derniers temps, avec une valorisation du statu quo, Nonoh Ramaro, sans le vouloir, révèle un champ de bataille idéologique et esthétique. « J’essaie juste d’être un simple médiateur, entre le public et son monde… Je ne peindrai jamais de chose malheureuse », ajuste-t-il, par contre. La dimension qu’il donne ici au terroir, pour citer son œuvre « Mandihiza ty ampela », renouvelle le lexique visuel de la tradition. Pour ce plongeon, Nonoh Ramaro n’a pas fait dans la dentelle. Lors du vernissage, il a invité des artistes tels que Nazarro, la slameuse championne « Smatchin poetry slam 2026 », et le groupe de « vakodrazana », Akon’i Diary. La salle d’exposition de l’ADMC–CRAAM a aussi été bien remplie lors du vernissage de vendredi après-midi. Présents sur place : le vice-président de l’université de Tananarive, Richard Ranarivony, des représentants d’ambassades, des journalistes, des personnalités influentes de l’art…

Maminirina Rado

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