
Alors que le ballet diplomatique s’intensifie dans la capitale, l’ancien président Marc Ravalomanana a reçu hier, à Faravohitra, une délégation de haut niveau des Nations Unies. Entre nécessité de coopération et aspiration à l’indépendance financière, le patron du Tiako i Madagasikara (TIM) joue la carte de l’ouverture.
Une semaine après le passage remarqué des émissaires de la SADC, c’est au tour des Nations Unies de fouler le sol de la résidence de Marc Ravalomanana. Conduite par Simon-Pierre Nanitelamio, directeur adjoint de la Division de l’assistance électorale des Nations Unies, cette délégation s’inscrit dans le cadre du lancement de la mission d’évaluation des besoins électoraux (NAM). Ce ballet diplomatique, que certains qualifient de « valse sans précédent », souligne l’importance du regard international sur les processus démocratiques malgaches. « Nous ne pouvons pas nous détacher de la communauté internationale », a-t-il d’ailleurs souligné.
Réalisme diplomatique
En effet, à l’issue de cette rencontre, l’ancien locataire d’Iavoloha s’est montré on ne peut plus clair sur sa vision géopolitique. « Nous sommes membres à part entière des Nations Unies », a-t-il rappelé avec insistance, balayant d’un revers de main toute velléité d’isolement. Pour lui, le cordon ombilical avec la communauté internationale est indéfectible, structuré par une cascade institutionnelle logique : la Troïka de la SADC, l’Union africaine et, in fine, les Nations Unies. « Que cela inspire confiance ou non, nous ne pouvons pas nous en écarter. Si l’on analyse en profondeur la politique et les relations internationales, nous sommes obligés de marcher aux côtés de la communauté internationale », a martelé le leader du TIM. Un réalisme diplomatique qui sonne comme un rappel à l’ordre dans un contexte de tensions politiques latentes.
Solidité financière. Marc Ravalomanana refuse toute dépendance passive et prône une mutation économique pour que Madagascar traite d’égal à égal avec ses partenaires. Citant l’Afrique du Sud, il soutient que la souveraineté repose sur la solidité financière : accumuler des réserves de devises permettrait de s’affranchir de la tutelle du FMI ou de la Banque mondiale, tout en restant intégré à la scène internationale. Parallèlement, Simon-Pierre Nanitelamio a défini sa mission onusienne comme une phase d’observation et d’écoute directe auprès du gouvernement, des acteurs politiques et de la société civile. Cette démarche inclusive est jugée indispensable par Marc Ravalomanana pour garantir un scrutin crédible et sortir de la crise. Ce dialogue place déjà Faravohitra au cœur des enjeux diplomatiques alors que la mission des Nations Unies débute à peine.
Julien R.


