
Dans les régions Haute Matsiatra et Amoron’i Mania, les producteurs d’orge tirent la sonnette d’alarme. Entre recul de la demande, baisse des superficies cultivées et diminution du prix d’achat, la campagne 2026 fragilise une filière dont dépendent de nombreux ménages ruraux.
Les cultivateurs d’orge du Faritanin’i Fianarantsoa traversent une période d’incertitude. Cette année 2026, la filière enregistre un net repli, avec des conséquences directes sur les revenus des paysans de la Haute Matsiatra et d’Amoron’i Mania. En cause, la baisse de la demande en orge, qui a conduit à une réduction importante des surfaces exploitées. Alors que 1 200 hectares étaient encore cultivés auparavant, la superficie consacrée à cette culture n’est plus que de 850 hectares cette année. À cette contraction des surfaces s’ajoute un autre signal jugé préoccupant par les producteurs. Pour la première fois depuis sept ans, le prix d’achat de l’orge par l’entreprise brassicole recule. Après une progression régulière ces dernières années, passant de 880 ariary le kilo en 2020 à 1 750 ariary en 2025, le prix redescend à 1 700 ariary en 2026. Une baisse qui peut sembler limitée en apparence, mais qui pèse lourdement sur des exploitations familiales déjà vulnérables.
Affaiblissement
Sur le terrain, les conséquences sont concrètes. Plusieurs ménages vivaient en grande partie des revenus générés par cette culture. Une mère de famille évoque notamment la scolarisation des enfants, mais aussi la possibilité d’envoyer des jeunes à l’université grâce aux recettes tirées de l’orge. Pour ces foyers, la filière ne représente pas seulement une activité agricole, mais un véritable levier d’ascension sociale. Dans la commune d’Ambovombe Centre, district de Manandriana, région Amoron’i Mania, l’inquiétude dépasse même la seule question des revenus. Les habitants redoutent un affaiblissement, voire un arrêt, de la coopération avec MALTO. Selon eux, ce partenariat a permis d’apporter des retombées visibles au niveau local, notamment à travers la réhabilitation d’écoles et la construction de barrages facilitant l’accès à l’eau pour l’agriculture.
Demande d’allègement
Les producteurs estiment qu’une meilleure incitation au niveau de la fiscalité sur la bière pourrait améliorer cette situation. En cinq ans, la taxe sur la bière aurait presque triplé, selon eux, passant de 290 ariary par litre en 2020 à 850 ariary aujourd’hui. Cette augmentation renchérit le prix du produit final, au risque de le rendre incompatible avec le pouvoir d’achat des consommateurs. Résultat, la production baisse, tout comme les besoins en orge. Face à cette spirale, les paysans lancent un appel pressant aux autorités. Ils demandent une attention particulière à cette filière, estimant qu’elle touche à la fois à leurs moyens de subsistance et au développement des communautés rurales.
Antsa R.




