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Palais d’Iavoloha : Réunion sur les prix des carburants sur fond de syndrome sri lankais

Le président de la République a réuni le secteur privé et des représentants de la société civile.

L’application des nouveaux tarifs à la pompe n’est plus qu’une question de jours. L’État veut que la hausse ne menace pas, in fine, sa stabilité. 

L’État multiplie les consultations des différents acteurs face à la situation économique qui prévaut. Hier, le président de la République et le Premier ministre ont tenu une réunion avec les pétroliers. Samedi, il a reçu, toujours au palais d’État d’Iavoloha, les organisations de la société civile et des groupements patronaux pour aborder l’épineux dossier de la hausse des prix des carburants. Cette hausse est incontournable, a lâché le président de la République. Elle est déjà dans les tuyaux depuis quelques semaines et son application n’est plus qu’une question de jours. Raison pour laquelle, l’initiative a voulu dégager des pistes de résolutions pour « mieux gérer l’impact de cette hausse au niveau des ménages ». Même si la réunion de samedi dernier, à Iavoloha, ne parvient pas encore à ficeler la recette miracle pour éviter la grogne. « L’objectif est de pouvoir appliquer la hausse d’une manière raisonnable afin de veiller aux intérêts de la population » lance déjà, en revanche, la Présidence de la République. 

Menace réelle. L’État veut être rassurant car la crainte d’une explosion sociale est dans tous les esprits. Et la « menace est déjà réelle », soutient Hery Rason, directeur exécutif de l’ONG Ivorary. L’avis est partagé par la députée Eléonore Johasy qui enfonce que « la situation actuelle est vraiment difficile ». La conjoncture met la pression au gouvernement, sommé d’accoucher des « mesures qui soient efficaces pour atténuer le choc au niveau des ménages », selon l’élue. Un « plan de redressement » a déjà été présenté par l’Exécutif au Parlement dans le cadre de la récente adoption de la loi de finances, mais « ce document ne nous donne aucune visibilité sur les mesures réelles à mettre en œuvre » regrette Eléonore Johasy. La société civile, quant à elle, selon Hery Rason, « a recommandé le renforcement de la transparence dans le secteur énergétique, la mise en place de filets sociaux pour les plus démunis et une attention particulière afin d’épargner les transports publics » face à la menace de la flambée des prix. 

Cas sri lankais. La hausse du prix du carburant va provoquer un effet inflationniste qui « peut se répercuter sur d’autres denrées » soutient Eléonore Johasy. « Les frais de transport, les prix des fournitures scolaires, par exemple, pourraient grimper » analyse l’élue. « Il faut que l’État mette la main à la poche pour subventionner certains secteurs prioritaires » poursuit-elle. Cette question a été, d’ailleurs, abordée, lors de la rencontre tripartite de samedi dernier à Iavoloha avec au menu les tarifs des taxis-be et les filets sociaux de sécurité. Les pistes de résolution avancées par les acteurs convergent de façon à éviter que « la situation ne dégénère ». Car si l’État ne parvient pas à « maîtriser la situation », « l’explosion deviendra une réalité ». En tout cas, le cas sri lankais a beaucoup animé les débats sur les réseaux sociaux depuis la chute de Gotabaya Rajapaksa. Dans ce pays insulaire, situé dans l’océan Indien, la crise économique a conduit à la ruine du pouvoir politique. 

Solution politique. L’initiative de consulter le secteur privé et les organisations de la société civile sur un sujet qui préoccupe autant les ménages est un pas pour la « concertation ». « D’ailleurs, elle est louable et devrait être à réitérer, voire même à capitaliser par la mise en place du Conseil économique social et culturel » selon Hery Rason de l’ONG Ivorary. Mais elle ne sera pas suffisante aux yeux d’Eléonore Johasy « surtout si l’État ne parvient pas à démontrer sa capacité de mettre en œuvre des mesures efficaces pour atténuer le choc de l’inflation ». Si tel sera le cas, selon toujours cette députée, « une solution politique » s’avère « incontournable ». « Je pense qu’il est nécessaire de mettre de côté les clivages et les ambitions politiques pour que tous les acteurs politiques se concentrent à résoudre la crise qui guette » a-t-elle lancé. 

Rija R.

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