- Publicité -
dimanche, octobre 4, 2026
- Publicité -
AccueilCulturePatrimoine : L’épopée de Joseph Rakotoarison de « Diarin’ny nofy »

Patrimoine : L’épopée de Joseph Rakotoarison de « Diarin’ny nofy »

Joseph Rakotoarison, le « patriarche » de la troupe « Akon’ny diary » d’Itaosy.

Le quartier d’Itaosy est une pépinière de la musique folklorique, le « vakodrazana » ou patrimoine ancestral. Telle « Diarin’ny nofy », la troupe d’un grand bonhomme d’une éternelle jeunesse : Joseph Rakotoarison.

La création de « Diarin’ny Nofy », un groupe folklorique destiné à faire vivre le « vakodrazana », est assez atypique. « Nous étions des gosses, des voisins. Nous avions onze ans de moyenne, les uns chantaient, les autres dansaient », se souvient Joseph Rakotoarison. Chef de file de la troupe, ce sexagénaire est encore solide pour soulever un lourd accordéon. Ces débuts d’artistes en herbe se déroulaient à Itaosy.

Deux opportunités majeures allaient alors bouleverser le destin de la bande à Joseph. La rencontre avec Dada Gabhy, fondateur du groupe Voninavoko, une « école artistique » vivante de la musique folklorique. Ensuite, le concours organisé par le quartier en 1975. Il faut savoir qu’à cette époque, le « fokontany » avait encore un rôle créatif, et n’était pas un simple bureau à paperasses. « À la clé, les compétiteurs pouvaient remporter des tenues de scène pour la troupe, des tambours, des chapeaux », fait savoir Joseph Rakotoarison.

Grâce à leur mentor, la petite bande se perfectionne, car pour « grandir », elle ne trouvait pas mieux. Dada Gabhy leur compose un titre, « Ny fahadiovana », traduira qui pourra. Voyant leur potentiel, les parents du quartier décident de les soutenir. Le vent semble souffler dans la bonne direction. Les années s’égrènent. « Une partie de notre équipe a intégré Voninavoko », ajoute le chef de troupe. Plus tard, une autre a rejoint Tanamasoandro. La fin d’une belle épopée débutée avant l’adolescence.

Et de poursuivre : « Le quartier d’Itaosy est un vivier de troupes de ‘‘vakodrazana’’ : au moins, il y en a six par ici. » Puis, en 2010, la troupe de Joseph Rakotoarison voit le jour : Akon’ny diary. Pour une fois, il se retrouve face au « réel » de l’activité professionnelle. Une troupe de musique folklorique, dans l’idéal, ne doit pas compter moins de vingt membres : musiciens, danseurs, danseuses, chanteurs… À cela s’ajoutent les costumes et les instruments de musique. « En général, quatre critères définissent une troupe : la manière de s’habiller, la coiffure, les instruments, enfin la combinaison du chant et de la danse », explique-t-il.

En revanche, un salaire décent n’est pas toujours au rendez-vous. D’autant qu’avec l’avènement du numérique et des ordinateurs, dans les années 2000, cette discipline a subi une saignée majeure. Seuls les plus « têtus » osent encore s’y aventurer. Sans eux, des chants d’antan comme « Mandihiza rahitsikitsika », « Mazava atsinanana »… risquent de se faire oublier. Ou encore des danses traditionnelles telles que le « dihy soroka », « latsitanana », « tsinjaka », « dihy safolaka », « soamiditra » et d’autres encore.

L’avis de Joseph Rakotoarison est, lui, sans appel : « Le ‘‘hira gasy’’ est un élément constitutif du ‘‘vakodrazana’’ ». Et non l’inverse. À en croire ses explications, la danse ancestrale de l’Imerina rappelle celle de danses indiennes très anciennes. Les yeux, les mouvements des mains, des pieds, les ports de tête et plusieurs petits détails sont des codes d’expression. Seuls les initiés en connaissent la pratique et le sens. Ses recherches l’ont mené à côtoyer d’autres troupes folkloriques à travers l’île. « Nous, à Madagascar, avons ces codes en commun. La vraie danse traditionnelle, celle héritée des ancêtres, est vraiment différente », souligne-t-il. Après, il y a le fameux « 6/8 », le rythme ternaire, que l’on retrouve dans toute l’île.

Pour la fierté de Joseph Rakotoarison, le marché repart actuellement. « Les Malgaches ont tendance à nous solliciter, pour des mariages, des retournements de morts et même pour des anniversaires. » Son meilleur souvenir de cette année, c’est d’avoir vu une famille emmener un mouton vivant lors d’un « vodiondry », mariage traditionnel, pour faire simple. « Deux fois cette année, j’ai pu voir cela lors de nos prestations. »

Maminirina Rado

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici