
Les parents qui exploitent leurs enfants pour mendier dans les rues est un phénomène courant mais pourtant puni par la loi. Avant de passer à la répression, les sensibilisations des parents à abandonner cette pratique sont actuellement renforcées
Le débat concernant l’utilisation d’enfants pour la mendicité sur la voie publique resurgit lors de la célébration de la Journée internationale des enfants en situation de rue. Une table ronde a été organisée à cet effet hier à Anosy par la Plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE) dont l’objectif est d’interpeller les autorités et différentes parties prenantes sur leurs rôles et responsabilités envers les Enfants en situation de rue (ESR). Ce phénomène s’est accentué ces dernières années mais comment l’éradiquer ? Rose de Lune Rejojoarisoa, juge des enfants, a fait savoir dans la foulée que c’est un délit punissable d’un emprisonnement de six jours à trois mois et d’une amende. Mais est-ce que ces parents qui exploitent leurs enfants en ont les moyens ? Rose de Lune Rejojoarisoa a expliqué qu’il est encore difficile d’appliquer la loi en vigueur compte tenu de la conjoncture actuelle sauf pour les cas extrêmes. C’est entre autres le cas pour les parents qui font pleurer et maltraitent leurs enfants afin de générer la compassion des passants. Pour lutter contre ce phénomène, elle a fait savoir que les actions se concentrent actuellement dans la sensibilisation avant de passer à la répression. « Tous les acteurs œuvrant dans le domaine de la protection des enfants se donnent la main pour sensibiliser les parents car certains d’entre eux refusent à ce que leurs progénitures soient accueillies dans les centres. L’emprisonnement n’est pas une solution surtout que Madagascar lutte déjà contre la surpopulation carcérale », argue-t-elle.
Actions. Plusieurs projets sont déjà sur les rails pour encourager les parents qui vivent de la mendicité à intégrer leurs enfants dans les centres pour qu’ils puissent bénéficier d’une meilleure prise en charge. Tout en sachant que la rue n’est pas un environnement propice au bien-être de l’enfant. Pour le projet « sandratra », qui arrive à son terme cette année, a pris en charge 1 600 enfants, selon Nomenjanahary Ando Mampionona, présidente de la PFSCE. Malgré les efforts déployés dans ce sens, certains parents sont encore réticents mais les acteurs œuvrant dans la protection des ESR ne baisseront pas les bras et prévoient déjà de mettre en œuvre la troisième phase de ce projet.
Narindra Rakotobe




