
Le 23 avril 2026, le domicile du couple Andrianjafy, à Mahatony Soavimasoandro, près du quartier d’Ivandry, a été perquisitionné. Jusqu’à présent, le domicile reste inaccessible, selon cette famille.
Perquisition, domicile scellé, départ du pays et plainte pour abus de pouvoir. L’affaire opposant le couple Johan et Soamiadana Andrianjafy aux personnes qu’ils disent être à l’origine de leur situation prend une nouvelle tournure. Près de cinq mois après la perquisition menée le 23 avril 2026 à leur domicile de Mahatony Soavimasoandro, à proximité d’Ivandry, la famille affirme ne toujours pas pouvoir accéder à sa maison. « Nous sommes actuellement dans l’incapacité de rentrer dans notre domicile », affirme Johan Andrianjafy. Selon le couple, le domicile a été scellé depuis la perquisition et demeure inaccessible jusqu’à présent. La défense a décidé de saisir le Pôle anti-corruption (PAC). Une plainte contre X pour abus de pouvoir a été déposée, selon l’avocat du couple, Me Fanomezantsoa Heriniaina. « Nous nous basons sur les renseignements dont nous disposons et nous avons déposé plainte contre X auprès du PAC », explique-t-il. La défense affirme également avoir demandé la levée des scellés, sans avoir obtenu de réponse à ce jour.
Pour le couple Andrianjafy, l’affaire ne se limite pas à une procédure judiciaire. Soamiadana Andrianjafy affirme que la famille a dû quitter Madagascar le jour même de la perquisition. « Le jour de la perquisition, nous avons été contraints de fuir le pays », soutient-elle. Installés actuellement à l’extérieur du pays, Johan et Soamiadana Andrianjafy disent toutefois ne pas se sentir en sécurité. « Nous ne nous sentons pas en sécurité, nous sommes toujours la cible de menaces », affirme le couple. La défense évoque, elle, l’intervention de personnes disposant d’une certaine influence dans le cadre de cette affaire. « Il s’agit d’une bande de personnes qui ont du pouvoir, que nous ne sommes pas en mesure d’identifier », déclare Me Fanomezantsoa Heriniaina. L’avocat estime qu’il existe « un abus de pouvoir manifeste en abusant une institution ».
Code de la route
Le mandat présenté lors de la perquisition aurait porté, selon l’avocat, sur la détention de plusieurs véhicules non immatriculés. Mais la fouille aurait largement dépassé ce seul objet, soutient Me Fanomezantsoa Heriniaina. « Le domicile en question a été fouillé de fond en comble, jusque dans les meubles de rangement », affirme-t-il. Johan Andrianjafy conteste par ailleurs toute irrégularité concernant les véhicules visés. « Les papiers des véhicules sont tous en règle », affirme-t-il. Pour l’avocat, la durée du maintien des scellés pose également question. « Le domicile a été scellé depuis avril 2026, date de la perquisition, alors qu’il s’agit d’une disposition de la loi relative au code de la route qui fonde l’affaire », souligne l’avocat de la famille.
Le couple affirme également subir une tentative de chantage. Johan Andrianjafy accuse des responsables occupant, selon lui, des positions élevées au sein de l’administration publique. « Les personnes à l’origine des chantages que nous subissons sont des hauts placés de l’administration publique », soutient-il. La défense estime que certains droits fondamentaux pourraient avoir été atteints dans le cadre de cette affaire. « Certains droits fondamentaux sont violés dans le cadre de cette affaire », affirme Me Heriniaina. Pour l’heure, la procédure engagée auprès du PAC constitue la principale voie empruntée par le couple pour tenter d’obtenir des éclaircissements sur les circonstances de la perquisition, la prolongation des scellés et les faits qu’il dénonce. Les accusations formulées par les Andrianjafy et leur avocat restent, à ce stade, leurs déclarations et devront être confrontées aux éléments de l’enquête et aux explications des autorités ou des personnes mises en cause.
Rija R.


