
Le rapport 2026 de la BAD table sur une croissance progressive de Madagascar au cours des deux prochaines années. En parallèle, le pays prépare son Plan de relance économique, avec l’ambition affichée d’aller au-delà de cette trajectoire, jugée encore insuffisante.
Madagascar ne compte pas se contenter d’une croissance de routine. Dans son rapport Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique, publié en janvier 2026, la Banque africaine de développement (BAD) estime la croissance du pays à 3,5% en 2025, avec une projection de 4,0% en 2026 puis de 4,5% en 2027. Des niveaux qui traduisent une amélioration graduelle, mais encore loin d’un véritable changement d’échelle. Pour un pays confronté à des défis structurels majeurs, ces chiffres donnent une indication utile, sans pour autant dessiner un horizon suffisant. C’est précisément dans ce contexte que Madagascar finalise actuellement son Plan de relance économique, attendu dans les prochaines semaines. Ce chantier a été nourri par les Assises pour la relance économique, achevées au mois de mars, à l’issue d’un processus de concertation avec le secteur privé et les partenaires de développement.
Vers une rupture
Pour le gouvernement malgache, il ne s’agit plus seulement d’enregistrer quelques dixièmes de point de croissance supplémentaires, mais de poser les bases d’une accélération plus forte, plus durable et plus créatrice d’emplois. Autrement dit, passer d’une progression modérée à une dynamique de transformation. Le rapport de la BAD rappelle d’ailleurs que l’Afrique, dans son ensemble, devrait afficher une croissance de 4,2% en 2025, contre 3,5% en 2024, avant une consolidation attendue à 4,3% en 2026 et à 4,5% en 2027. Madagascar évolue donc dans une tendance continentale de reprise, mais sans encore se distinguer nettement. C’est là que le futur Plan de relance entend marquer une rupture. Son socle repose sur un diagnostic désormais bien identifié : la faiblesse de la productivité. Selon les éléments mis en avant dans les travaux préparatoires, la productivité de Madagascar ne représenterait qu’environ le quart de la moyenne observée en Afrique subsaharienne. Ce décalage en dit long sur les marges de progression du pays, mais aussi sur l’ampleur des réformes nécessaires.
Donnant-donnant
Derrière les futurs arbitrages se dessine ainsi une conviction : Madagascar ne pourra relever durablement son rythme de croissance qu’en améliorant sa capacité à produire davantage, mieux et à moindre coût. Les prévisions de la BAD fixent un point de départ. Le Plan de relance, lui, veut tracer une ambition plus élevée. Lors des Assises pour la relance économique, le secteur privé comme les partenaires extérieurs ont déjà affiché leur volonté d’accompagner activement la mise en œuvre du futur Plan de relance. Des dizaines de mesures ont d’ores et déjà fait l’objet d’un consensus, dans une logique de donnant-donnant où les facilités et avantages accordés par l’État devront se traduire par des résultats concrets en matière d’emplois, d’investissements et de gains de productivité.
Antsa R.




