
Alors que la saison pesteuse bat son plein et menace une fois de plus le foyer endémique malgache, le ministère de la Santé publique rappelle que la Grande île concentre à elle seule environ 75% des cas recensés dans le monde. Après le signalement de plusieurs décès suspects dans le Sud-Est, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux intensifient la riposte sur le terrain pour contenir le fléau.
Selon un communiqué du ministère de la Santé publique, publié dans le cadre d’un récent déplacement de la délégation malgache en Russie, Madagascar concentre environ 75% des cas de peste recensés à travers le monde. Avec le retour de la saison pesteuse, qui s’étend habituellement de septembre à avril, période de climat chaud et humide, la menace refait surface au cœur du foyer endémique historique de la Grande île, principalement localisé sur les Hautes Terres centrales et leurs zones de bordure. L’actualité récente en apporte une illustration dramatique. Alertée par les responsables sanitaires locaux au sujet de suspicions de peste pneumonique, la Direction de la veille sanitaire, de la surveillance épidémiologique et de la riposte (DVSSER) s’est rendue d’urgence dans les fokontany d’Ambalabe et de Besavoa, dans la commune d’Andranolalina (district de Midongy Atsimo). Le bilan fait état de cinq cas suspects, dont trois décès. Pendant six jours, les équipes sur le terrain ont recherché les cas contacts, mené des enquêtes auprès de la communauté et distribué des pièges à rats et des insecticides antipuces pour éradiquer le vecteur de transmission. La mission d’évaluation et les prélèvements de rongeurs se poursuivent à Vangaindrano.
Équipements
Ce réveil de la maladie rappelle le triste bilan de 2017, où la peste avait coûté la vie à plus de 200 personnes. Face à ce péril permanent, la coopération stratégique entre Madagascar et la Fédération de Russie s’intensifie. À la suite du déplacement d’une délégation malgache en Russie, le ministère de la Santé publique a réaffirmé l’importance du soutien international. Entre 2024 et 2026, la Russie a doté le pays de quatre laboratoires biologiques mobiles via l’Institut Microbe, dont un a été déployé dans le Sud-Est pour accélérer les analyses. Ce partenariat a également permis de former 88 spécialistes malgaches à l’épidémiologie pour contenir ce fléau qui continue de frapper l’île.
Narindra Rakotobe



