
Alors que moins d’un enfant sur deux affiche un niveau de développement satisfaisant, Madagascar lance sa première Stratégie nationale de développement de la petite enfance. L’initiative vise à mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une prise en charge intégrée des jeunes enfants et de leurs familles.
Madagascar franchit une nouvelle étape dans la promotion du bien-être des jeunes enfants. Le ministère de la Population et des Solidarités a procédé au lancement officiel de la première Stratégie nationale de développement de la petite enfance (SNDPE), élaborée avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’UNICEF. Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant. Les résultats de l’enquête MICS 2025 révèlent que seulement 46,7 % des enfants âgés de 24 à 59 mois présentent un niveau de développement satisfaisant en matière de santé, d’apprentissage et de bien-être psychosocial. Un constat qui souligne l’importance d’investir davantage dans les premières années de vie, une période déterminante pour le développement du cerveau et la construction des capacités futures de l’enfant.
La nouvelle stratégie se veut une feuille de route nationale visant à améliorer la coordination des actions en faveur de la petite enfance. Elle adopte une approche intégrée couvrant plusieurs domaines essentiels : santé, nutrition, stimulation précoce, éducation préscolaire, protection de l’enfant, protection sociale ainsi qu’accompagnement des familles. Trois grands objectifs sont poursuivis à travers ce document stratégique : renforcer le cadre institutionnel et les mécanismes de coordination, étendre les programmes et services dédiés aux jeunes enfants et soutenir davantage les parents et les personnes chargées de leur éducation.
Pour les autorités et leurs partenaires, le défi consiste désormais à traduire cette vision en actions concrètes sur l’ensemble du territoire. La mise en œuvre de la stratégie reposera sur une mobilisation conjointe de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile, des communautés et des familles. « Le véritable succès de cette stratégie se mesurera à sa capacité à atteindre chaque enfant, notamment les plus vulnérables », a souligné Giuliana Serra, représentante adjointe par intérim de l’UNICEF Madagascar. De son côté, la ministre de la Population et des Solidarités a rappelé qu’« investir dans les enfants aujourd’hui, c’est préparer l’avenir de Madagascar ».
Narindra Rakotobe



