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mardi, septembre 8, 2026
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Plan de relance économique : Un objectif de croissance de 6% et plus de 40 000 emplois d’ici 2027

Les grandes lignes du Plan de relance économique 2026-2027 ont été présentées au Plan Anosy, lors d’une rencontre du ministère de l’Économie et des Finances avec des représentants du secteur privé. Le document mise sur une mobilisation conjointe de l’État et du secteur privé.

Faire repartir la croissance, créer des emplois et restaurer la confiance des investisseurs. C’est autour de ces objectifs que s’articule le Plan de relance économique 2026-2027, dont les grandes lignes ont été présentées vendredi dernier au Plan Anosy par la Direction générale de l’Économie et du Plan (DGEP), auprès du ministère de l’Économie et des Finances. Les ambitions sont chiffrées. Le Plan vise un taux de croissance du PIB de 4% en 2026, puis de 6% en 2027, ainsi que la création cumulée de 40 593 emplois. Son coût global est estimé à 4 622 milliards d’ariary. Le document affiche également une hausse de la productivité du secteur privé de 25% à 50%. Trois piliers structurent l’ensemble : création d’emplois durables, en priorité pour les jeunes et les populations rurales ; renforcement de la compétitivité ; et relance de l’investissement, notamment pour réduire le déficit de financement des entreprises et des MPME.

24 programmes, 68 actions

Le Plan est l’aboutissement des Assises pour la relance économique, organisées de janvier à mars 2026, avec consultations régionales, dialogues public-privé et analyses coûts-bénéfices. Le diagnostic met en évidence plusieurs freins : une productivité estimée à seulement un quart de la moyenne africaine, 94% de la population active évoluant dans l’économie informelle, une industrialisation représentant 15% du PIB, seulement 19% de routes bitumées et un accès à l’électricité limité à 30-39%. Pour y répondre, 68 actions prioritaires ont été regroupées dans 24 programmes. Dix programmes, représentant 35 actions, portent sur les mesures transversales : climat des affaires, compétitivité et fiscalité. Quatorze autres programmes, soit 33 actions, ciblent quatre secteurs jugés à fort potentiel : agribusiness, tourisme, TIC et numérique, et textile. Le volet « climat des affaires » comprend les infrastructures routières, la sécurisation foncière, l’accès à l’énergie, le développement des compétences, ainsi que la sécurité juridique et judiciaire. Les projets Sahofika, Volobe, le solaire et Antetezambato figurent parmi les investissements énergétiques cités. Sur le plan fiscal, le MEF entend porter la pression fiscale à 12,5% du PIB en 2027, contre 7% en 2024, en misant sur l’élargissement de l’assiette, la formalisation du secteur informel, la modernisation de l’administration et la stabilité fiscale.

Quatre moteurs sectoriels

L’agribusiness, qui représente 23 % du PIB et concerne 80% de la population active, doit évoluer vers davantage de transformation locale et une meilleure insertion dans les marchés régionaux et internationaux. Le Plan prévoit notamment l’opérationnalisation de six Zones d’investissement agricole (ZIA) et un meilleur accès des acteurs agricoles au financement et aux marchés. Dans le tourisme, les priorités portent sur la gouvernance, la transformation numérique, la formation et le développement de routes aériennes domestiques. Le numérique doit, de son côté, porter sa contribution au PIB de 1,7% à 4% à l’horizon 2028, grâce à une meilleure connectivité et à la généralisation des paiements numériques. Pour le textile, l’objectif est de renforcer l’intégration verticale, diversifier les débouchés et relancer la filière coton, tout en anticipant les mutations des accords commerciaux préférentiels. Le financement montera progressivement en puissance : 560 milliards d’ariary sont prévus en 2026, puis 4 062 milliards en 2027. Cette hausse est surtout portée par les investissements liés au climat des affaires, notamment l’énergie, et par la relance de la filière coton. Reste désormais le défi de l’exécution. Le dispositif prévoit un pilotage associant l’État et le secteur privé, des analyses coûts-bénéfices régulières et un tableau de bord de veille sur les risques externes. Le Plan identifie quatre menaces majeures : aléas climatiques, tensions géopolitiques, lenteurs administratives et désengagement du secteur privé. Un contrat de performance État-secteur privé doit ainsi formaliser les engagements réciproques, entre réformes publiques, création d’emplois et gains de productivité. L’enjeu, après la phase de concertation et de programmation, sera donc de traduire les 68 actions annoncées en résultats visibles pour l’économie réelle.

Antsa R.

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