Dans un contexte marqué par une recrudescence des enlèvements et des disparitions, la Police nationale malgache se dote d’un nouvel outil de signalement en ligne. La plateforme, présentée mardi à Anosy par le ministre de la Sécurité publique (MSP), l’inspecteur général de police Erick Michel, permettra aux citoyens de dénoncer les violences basées sur le genre (VBG) ainsi que les cas de disparition de personnes et d’enfants. Cette initiative intervient quelques jours après la journée de deuil national décrétée le 24 juillet, à la suite de plusieurs enlèvements suivis de meurtres qui ont profondément ému l’opinion publique. Face à cette situation, les autorités avaient annoncé un renforcement des mesures de sécurité et de nouveaux moyens pour améliorer la collaboration entre la population et les forces de l’ordre. Développée par la Direction des systèmes d’information et des transmissions (DSIT), la plateforme est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à l’adresse https://www.vbg.pn.gov.mg. Elle est disponible sur ordinateur ou smartphone via une application Android et son interface est proposée en malagasy et en français. Selon le MSP, cette plateforme s’inscrit dans la volonté de moderniser les services de la Police nationale et de faciliter les signalements.
Une procédure simple et un suivi des dossiers. La plateforme offre aux victimes et aux témoins un canal officiel, rapide et sécurisé pour transmettre des informations, tout en garantissant la confidentialité des données. Les utilisateurs pourront signaler les différentes formes de violences basées sur le genre, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou commises en ligne. Les cyberviolences, telles que le harcèlement sur Internet, la diffusion d’images sans consentement, la sextorsion, la diffamation en ligne, la divulgation de données personnelles ou encore les contenus falsifiés par intelligence artificielle (deepfake), sont également prises en compte. La plateforme permet en outre de déclarer la disparition d’enfants, de personnes majeures et de personnes atteintes d’albinisme. Le commissaire de police Tovohery Hajanirina Randriamanohisoa, directeur des systèmes d’information et des transmissions, a indiqué que les signalements pourront être effectués de manière anonyme. Les déclarants auront également la possibilité de suivre l’évolution de leur dossier grâce à un numéro de référence généré automatiquement. Les informations recueillies seront traitées par les services spécialisés de la Police nationale avant d’être transmises aux unités compétentes, notamment la Brigade féminine de proximité (BFP), la Police des mœurs et de la protection des mineurs (PMPM) ou le service de lutte contre la cybercriminalité. En présentant cette nouvelle plateforme, les autorités entendent encourager les citoyens à signaler sans crainte les faits de violence et les disparitions. Elles espèrent ainsi améliorer la prise en charge des victimes, accélérer les recherches des personnes disparues et renforcer l’efficacité de la lutte contre l’insécurité.
T.M


