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dimanche, novembre 1, 2026
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Portrait : Marolahy de Marovoay, du rituel sacralisé aux scènes contemporaines

Le « antsa » de Marolahy intègre aussi une symbolique visuelle, histoire aussi de ne pas oublier ses racines (crédit photo : Marolahy TR)

Héritier d’une lignée musicale et initié au cœur des rituels traditionnels malgaches, Marolahy sublime le « antsa » en le modernisant sans jamais renier ses racines. Entre création spontanée, respect du sacré et ouvertures contemporaines, il fait voyager son art bien au-delà de sa terre natale.

Marolahy. « Marolahy de Marovoay » pour la scène a le verbe direct et mesuré. Peu de remplissage, peu de bavardages futiles, à l’image de ces garçons élevés par les exigences d’un climat parfois brutal et de terres bénies, mais soumises à de constants défis saisonniers. Il se « rencontre » le mieux dans sa musique. Il pratique le « antsa », une musique patrimoniale que l’on retrouve durant les « Fitampoha », « Fanompoambe », les transes, etc. Le sacré dans son ensemble. Mais aussi pour égayer les fêtes familiales et communautaires. « Je suis le fils de John Léonese et de Bao Voatanasoa, je suis né à Ambovomavo, ville de Marovoay, en 1983. J’ai tout de même suivi des études, mais je ne suis pas resté longtemps. L’antsa m’occupait déjà l’esprit », rappelle-t-il. Chez la famille, cette pratique traditionnelle se transmet de génération en génération. Sa mère a été une chanteuse renommée. Avant elle, son « dady », un grand-parent. Apparemment, le passage de flambeau ne distingue pas les genres. « J’ai un enfant qui commence aussi à pratiquer », ajoute Marolahy. En 2002, il fait ses premiers pas. Hésitant mais décidé, il peine encore. Il affine ses armes dans les événements traditionnels. À Madagascar, ces rituels sont les « conservatoires ». Souvent, c’est quitte ou double à cause d’une concurrence féroce. Il continue : « Le bouche-à-oreille joue beaucoup : qu’il y a un gars comme ceci, comme cela, qui peut assurer. » Sa réputation grimpe les échelons pour finir dans les oreilles d’un producteur de Tananarive. Mais bien avant cela, sa troupe écume un studio à Marovoay. Chez « Fab Record », il passe beaucoup de temps sans vraiment percer. En 2010, il y enregistre son premier titre commercial, « Ela zay », du « antsa » à la base, qui prend des airs de « malesa » et de « basesa ». Toutefois, Marolahy est plus que jamais décidé à élargir sa pratique hors des cours royales, des cases de rituels ou du dessous des manguiers sacrés. « Pour moi, personnellement, je sais équilibrer les deux choses », met-il en avant. « Si c’est pour vendre, je résume pour que ce soit facile à écouter, tout dans la simplification. Si c’est pour les pratiques traditionnelles, je rallonge, c’est ‘’kôf’rôka’’, sans préparation. » Avec l’avènement du numérique, dans les années 2010, le traditionnel a réussi à se créer un « avatar » chez le profane. Aussi, les oreilles malgaches recherchaient l’originalité face à ce flot intempestif de soi-disant « afrobeat » et de rythmes importés. Cette quête de personnalité, Marolahy l’atteint en 2025 avec son titre « Doany », chez Davalt Record. « Fomban-drazana tsisy ratsy/na ny vazaha na ny malagasy… Marovoay zalahy tany fihaviako/fomban-drazana anay zalahy tsy ariako/azafady e », y scande-t-il. Ce clin d’œil à d’où il vient aurait fait mouche jusque dans les hautes sphères de la royauté « Sakalava ». « Doany » exploite les détails, avec son tempo réduit, un petit passement de jambe à la tradition. Décidément, il a voulu faire les choses autrement. Où le « antsa », le salegy et l’afro-urbain moderne apportent de la profondeur et une ligne assez longue pour atteindre les « eaux » internationales. « Vous me donnez votre nom complet et je peux en faire un CD sur votre histoire, votre vie, vos prouesses… Dès que j’entends le rythme du antsa, mon inspiration monte. Pas de sensation de chaleur, de quelque chose qui entre en moi, c’est juste une inspiration. Tout autant sur la communauté, je peux chanter des réflexions sur le vivre-ensemble, sur l’argent et les liens sociaux, tout est questionné », révèle-t-il. Pour le moment, Marolahy est loin des événements traditionnels qui ont marqué ses débuts. « Si ma maison de disques me laisse participer, j’y vais », dit-il. Et d’ajouter : « Je ne serai jamais coupé de mes racines, vous savez. » Un petit oubli : dans ses poches, ni dans une commode, personne ne trouvera un carnet. Il n’écrit jamais de paroles, tout se joue dans sa tête. 

Maminirina Rado 

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