
Agé à peine de 25 ans, Radoniaina Hervé Ratovondriaka joue déjà dans la cour des grands en matière de pilotage et de conception de drone professionnel. La livraison d’intrants de santé par drone dans les zones enclavées figure parmi ses missions principales.
Passionné d’aviation dès son plus jeune âge, Radoniaina Hervé Ratovondriaka a décidé de poursuivre ses études après son baccalauréat série C (2013) à l’Eneam (École nationale d’enseignement de l’aéronautique et de la météorologie) Ivato. Il a obtenu une Licence en 2016 en tant qu’agent technique d’opération aérienne. « À l’époque, il était facile de trouver un emploi auprès des compagnies aériennes à cause du manque de personnel compétent. C’est pourquoi je fus embauché dans une compagnie aérienne en tant que « Flight Operation » et « Load Master » où je suis resté pendant plus de trois ans », a-t-il expliqué. C’est durant cette période qu’il a pu renforcer son expérience dans le domaine et surtout s’initier au pilotage et ressentir la sensation aux commandes d’un avion.
Réalisations. Il a commencé à se lancer dans la programmation en autodidacte depuis 2016 et a réalisé par la suite quelques logiciels spécialisés dans l’exploitation des aéronefs, notamment au sein de diverses organisations et sociétés aéronautiques y compris l’armée. Plus tard, en 2020, il a signé son premier contrat en tant que pilote de drone au sein de la société privée Aerial Metric où il a reçu la majorité de ses connaissances en pilotage et conception de drone. « Depuis, ma passion pour les drones et aéromodélisme n’a cessé de se développer, ce qui m’a conduit à remplacer mon passe-temps préféré par la fabrication d’avion radio commandé et de drone totalement fait-main et localement », lance-t-il fièrement.
Procédures. Exceptionnellement, le type de drone utilisé par cette entreprise est le « Foxtech Great Shark 330 VTOL » totalement customisé et adapté aux conditions locales et aux besoins. La customisation se fait totalement en local par un personnel entièrement malgache. « Le poids, l’envergure et surtout notre altitude de vol qui est principalement au niveau des hélicoptères et des approches d’avions nous conduit à respecter toutes les procédures aéronautiques notamment : une autorisation de l’aviation civile, le dépôt de plan de vol à l’Asecna et surtout le contact permanent avec la tour de contrôle », renchérit-il. Dans ce cadre, il y a la « check list » à respecter, telle celle d’un avion avant le décollage. Il y a également la vérification des structures et des branchements, du moteur, du sens des hélices, ainsi que la vérification de toutes les données techniques sur ordinateur … Il est aussi nécessaire de planifier à l’avance un plan de vol qui sera chargé dans la platine du drone (prendre en compte les coordonnées du point de largage).
Prévention. La différence entre le pilotage d’un avion et le pilotage d’un drone professionnel est la sensibilité ainsi que la sensation du retour de la commande. « Avec le drone, on n’est que sur du visuel et donc on reste sur une estimation contrairement à un pilote dans un avion qui ressent tout mouvement donc qui peut corriger instantanément chaque erreur », a-t-il indiqué. Mais qu’en est-il de la sécurité ? Pour répondre à cette question, ce jeune pilote de drone professionnel a expliqué que comme tout moyen de transport, le risque zéro n’existe pas, mais le minimiser en est le but. « Il y a déjà eu plusieurs accidents, surtout pendant la première année de conception. Mais nous avons amélioré le niveau de sécurité où nous évitons principalement les « crashs » grâce au parachute qui se déclenche automatiquement en cas de problème », a-t-il défendu.
Quelques spécifications du drone :
Type : FOXTECH Great Shark 330 VTOL
Envergure : 3.2 m
Longueur du fuselage : 1.75 m
Charge transportable maximum : 10 Kg
Distance maximum : 100 Km aller-retour en configuration vol court et 200 Km en configuration vol long
Vitesse : 100 Km/h
Narindra Rakotobe




