
Fraîchement médaillé d’or à l’Open Africa, récemment disputé à Maurice, Wilson Rina Razakarisoa, connu sous le nom de Willy, rêve encore d’aller loin.
Wilson Rina Razakarisoa s’est progressivement imposé dans le paysage malgache du jiu-jitsu brésilien. Passé par le basket-ball et le pancrace, l’athlète de Checkmat Madagascar s’est spécialisé dans le jiu-jitsu brésilien, avec plusieurs titres remportés à Maurice et en Afrique. Après une belle moisson à Maurice, il prépare déjà son prochain rendez-vous mondial : les Championnats du monde à Abu Dhabi, prévus en novembre, où il avait décroché la quatrième place en 2024.
Une passion née sur le tard
Le sport a toujours occupé une place importante dans la vie de Wilson Rina Razakarisoa. Dans sa jeunesse, il pratique notamment le basket-ball au sein d’un club. Mais, en 2010, il découvre les arts martiaux. Trois ans plus tard, en 2013, il décide de s’y consacrer davantage. Son premier grand résultat international arrive en 2019. À La Réunion, il décroche le titre de champion de l’océan Indien en pancrace, dans la catégorie des moins de 84 kg. Une performance qui confirme son potentiel, même si les études et le travail l’obligent ensuite à mettre momentanément sa carrière sportive entre parenthèses. En 2021, il revient avec une nouvelle ambition. Il choisit alors d’approfondir le jiu-jitsu brésilien, discipline qu’il considère comme l’une des bases essentielles pour progresser en MMA. Son choix se porte sur le club Checkmat Madagascar, notamment pour sa proximité avec son domicile.
Une ascension internationale
Cette nouvelle étape marque le début d’une série de résultats probants. En 2022 et 2023, il s’illustre à Maurice en remportant à deux reprises l’Open Africa No-Gi dans la catégorie des moins de 93 kg. En 2024, il franchit un nouveau cap en participant pour la première fois aux Championnats du monde de jiu-jitsu brésilien à Abu Dhabi. Il termine à la quatrième place. L’année 2025 est davantage consacrée aux compétitions nationales. Cette saison, Razakarisoa enrichit encore son palmarès avec un titre de champion à l’Open Africa No-Gi dans la catégorie des moins de 98,2 kg. Il décroche également deux médailles d’argent, notamment en Gi chez les moins de 100 kg et en Absolute-Master, ceinture violette. « Ce n’est pas facile de réaliser ses rêves et ses ambitions. Il y a beaucoup de chemins à parcourir, mais il faut savoir faire les bons choix dans la vie. Il faut accompagner les prières par des actions », souligne-t-il à l’adresse des jeunes sportifs.
Un sport qui gagne du terrain
Pour Willy, le jiu-jitsu brésilien commence à prendre de l’ampleur à Madagascar. Le nombre de participants aux compétitions ne cesse d’augmenter, signe, selon lui, d’un intérêt grandissant pour cette discipline encore relativement récente dans le pays. Son parcours démontre qu’il est possible de passer d’une discipline à une autre et de construire progressivement une carrière dans les sports de combat. À quelques mois des prochains Championnats du monde, prévus en novembre à Abu Dhabi, l’athlète poursuit sa préparation avec l’ambition de faire mieux qu’en 2024.
Un appel au soutien
Derrière ses performances, Wilson Rina Razakarisoa pointe toutefois les difficultés auxquelles sont confrontés les athlètes malgaches lorsqu’il s’agit de préparer les grandes échéances internationales. Il lance ainsi un appel au ministère en charge des Sports et aux autorités afin que les athlètes bénéficient d’un accompagnement plus conséquent. « Madagascar possède des athlètes capables de rivaliser au plus haut niveau, mais le soutien reste insuffisant pour préparer les compétitions, aussi bien nationales qu’internationales », estime-t-il. Pour celui qui a déjà goûté à l’élite mondiale, l’objectif est désormais clair : poursuivre sa progression, défendre les couleurs malgaches et tenter de franchir une nouvelle étape à Abu Dhabi.
Manjato Razafy




