
Le litre d’essence SP95 coûte désormais 5 300 ariary, soit 200 ariary de plus. Le gasoil et le pétrole lampant restent inchangés. Un arbitrage assumé par l’État pour amorcer l’ajustement des prix sans provoquer un effet domino sur le pouvoir d’achat et l’activité économique nationale.
Le nouveau tarif est entré en vigueur à la première heure du 5 septembre dernier. L’essence SP95 est maintenant vendue à 5 300 ariary le litre, contre 5 100 ariary auparavant. Le gasoil reste, pour sa part, à 4 860 ariary et le pétrole lampant à 3 710 ariary. Le choix de ne pas toucher à ces deux derniers produits répond surtout à leur poids dans la vie quotidienne des ménages et dans l’économie.
Effet domino
Le gasoil représente près des trois quarts des volumes de carburants concernés, vendus sur le marché national, avec une part de 73,7% en 2025. Il alimente les transports de marchandises, les transports en commun ainsi qu’une partie de la production d’énergie. Toute hausse risquerait ainsi de se répercuter sur les coûts logistiques, les prix des produits de première nécessité et, au final, sur l’inflation. Son maintien bénéficie également à la production électrique. La Jirama utilise notamment du gasoil pour compléter la production des centrales hydroélectriques et solaires, en particulier durant les heures de pointe. Le pétrole lampant reste, de son côté, particulièrement important dans les zones rurales dépourvues d’électricité. Selon les données disponibles, 40,2% des ménages ruraux utilisent encore la lampe à pétrole.
Engagements
L’ajustement de l’essence intervient néanmoins dans un contexte où Madagascar doit progressivement rapprocher les prix à la pompe de ceux résultant du mécanisme d’ajustement. Cette orientation fait partie des engagements inscrits dans le programme économique soutenu par le Fonds monétaire international, à travers la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Les autorités malgaches entendent toutefois éviter un rattrapage brutal. L’option retenue consiste donc à avancer progressivement, tout en préservant les carburants ayant les plus fortes répercussions économiques et sociales. Cette approche rejoint la stratégie du MEF, qui insiste sur la nécessité de concilier protection de la population, soutenabilité des finances publiques et transition progressive. À 5 300 ariary, le litre d’essence reste par ailleurs inférieur de 600 ariary au record de 5 900 ariary atteint en juillet 2022.
Antsa R.




