
Le projet « Mahasaky » s’apprête à sceller un pacte historique pour institutionnaliser la participation des jeunes et des femmes au sein de la gouvernance malgache. Ce sommet de haut niveau marque une étape décisive pour transformer durablement le paysage politique en intégrant ces nouveaux acteurs dans les instances de décision.
À l’approche des échéances électorales de 2027, Madagascar franchit une étape cruciale pour sa démocratie. Le projet « Mahasaky », initiative phare pour la consolidation de la paix lancée en décembre 2023 avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), s’apprête à marquer les esprits par un « Sommet de haut niveau ». Sous le thème « Consolider la paix par l’inclusion : le pacte de la relève », cet événement organisé hier à Ivandry ne clôture pas simplement le projet, mais acte une stratégie de sortie durable. L’objectif est de garantir que les autorités intègrent durablement les nouveaux acteurs, jeunes et femmes, dans les instances de décision au-delà de décembre 2026.
Concrets. Mis en œuvre par l’UNFPA, le PNUD et l’EISA, le projet affiche un bilan probant. Dans le domaine du leadership et de l’engagement, 216 jeunes ont été formés au leadership politique. Cette dynamique a déjà porté ses fruits, avec 25 participants aux programmes YLS et YWPP se portant candidats politiques. Soixante partis politiques ont été sensibilisés à l’inclusion, et la majorité d’entre eux ont adopté ou élaborent des chartes internes favorisant la relève. Pour l’innovation numérique, la plateforme « iParticipate » est désormais opérationnelle, comptant plus de 10 000 abonnés, et offrant un espace de plaidoyer structuré pour les citoyens. Lors du sommet, la signature du « Pacte Mahasaky » a officialisé l’engagement de l’État à pérenniser cette dynamique. Un plaidoyer pour la réduction des cautions électorales a également été porté, levant un frein majeur pour les candidats issus de milieux modestes. Comme l’a souligné Anthony Ngororano, coordinateur résident du Système des Nations Unies, la participation des jeunes et des femmes n’est plus une option, mais « une nécessité » pour la refondation et le développement du pays.
Narindra Rakotobe



