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jeudi, septembre 10, 2026
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Promotion pétrolière : L’État fait le ménage, Madagascar Oil au pied du mur

L’OMNIS s’apprête à lancer une vaste offensive de charme pour attirer de nouveaux investisseurs sur 21 blocs pétroliers fraîchement récupérés.

Alors que l’OMNIS s’apprête à lancer une vaste offensive de charme pour attirer de nouveaux investisseurs sur 21 blocs pétroliers fraîchement récupérés, le cas de Madagascar Oil sur le bloc 3104 de Tsimiroro cristallise toutes les inquiétudes. Entre promesses de relance et réalités techniques alarmantes, le secteur extractif malgache joue sa crédibilité.

Le Conseil des ministres du 5 février 2026 a sifflé la fin de la récréation. En récupérant 21 blocs pétroliers pour les remettre sur le marché, l’État malgache, via l’OMNIS (Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques), affiche une volonté claire : l’assainissement. Fini le temps des « sommeils prolongés » sur des périmètres à haut potentiel. L’objectif est désormais de transformer la « probabilité scientifique », attestée par des indices de gaz et de pétrole prouvés, en « réalité commerciale ».

Réalité

Mais au milieu de cette dynamique de promotion, un dossier brûlant fait tache : celui de Madagascar Oil. Si la société communique abondamment sur une prétendue «autorisation de reprise », la réalité du terrain est nettement moins reluisante. Contrairement aux idées reçues, l’État n’a jamais été un obstacle au projet. Sur le papier, Madagascar Oil est en plein droit de poursuivre ses activités sur le bloc 3104 Nord. Le blocage est ailleurs, et il est de la propre faute de l’opérateur : un manque chronique de moyens financiers et techniques.

Défi

Faut-il le rappeler ? Madagascar Oil a stoppé net sa production en mars 2016, un an seulement après avoir déclaré la commercialisation de son huile lourde. Dix ans de silence radio plus tard, on nous parle de relance. Mais avec quels moyens ? Le secteur pétrolier n’est pas une affaire de rhétorique, mais de résultats tangibles. Les techniciens sont formels et l’inquiétude est de mise : les puits de Tsimiroro sont aujourd’hui inondés. Pire, le gisement est redevenu « froid », ramenant le projet à son état d’exploration de 2004. Pour l’investisseur, le défi n’est plus seulement de produire, mais de reprendre tout le processus thermique à zéro. Dans ces conditions, comment peut-on sérieusement envisager d’engager la Jirama dans un contrat d’approvisionnement ?

Gendarme

Lier l’avenir de la Jirama, déjà fragile, à Madagascar Oil, opérateur aux capacités incertaines, s’avère un pari risqué. Face à ce manque de visibilité technique et financière, l’OMNIS réaffirme son rôle de régulateur : selon le Contrat de Partage de Production, il est le seul habilité à contrôler l’exécution des engagements. Les autorités exigent désormais des preuves plutôt que des promesses. L’enjeu crucial demeure la capacité réelle de Madagascar Oil à investir massivement pour exploiter Tsimiroro. Si l’administration pétrolière prône la prudence, elle avertit que cette attente ne doit pas conduire au gaspillage des ressources nationales.

Julien R.

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