
D’après les informations, cela fait huit mois que le sélectionneur et son staff n’auraient pas perçu leurs salaires.
La chance de qualification des Barea de Madagascar pour la CAN 2027 est minime. Les débats à propos de la convocation des expatriés au sein de l’équipe nationale sont relancés après la débâcle des deux confrontations contre le Nigeria et la Tanzanie. Deux matchs durant lesquels on a pu constater le manque d’engagement et l’absence de conviction chez certains joueurs. Désormais, bon nombre de fans de football remettent en question la capacité du coach et de son staff technique à gérer cette équipe. Ce manque d’enthousiasme est probablement dû au non-paiement de leurs salaires et au non-remboursement des frais de déplacement des joueurs évoluant en Europe, par la Fédération. En effet, selon les informations relayées par un confrère, le coach des Barea et son staff seraient actuellement en train de mettre la pression sur la FMF pour réclamer le paiement de leurs salaires impayés depuis huit mois. À entendre cette source, le ministère de la Jeunesse et des Sports aurait été le seul à ne pas s’être acquitté de sa part. Pour rappel, le coach des Barea perçoit un salaire mensuel de 18 000 euros, soit 90 millions d’ariary, dont 75% sont pris en charge par l’État malgache, à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports et le ministère de l’Économie et des Finances, et 25% par la Fédération malgache de football (FMF). L’État malgache aurait donc failli à son engagement.
Manque de motivation
Outre ces problèmes financiers, la non-homologation du stade Barea Mahamasina constitue aussi un véritable handicap pour les Barea. À chaque fenêtre FIFA, nos joueurs sont défavorisés par ces matchs à domicile joués à l’extérieur, engendrant des déplacements éprouvants pour les joueurs et budgétivores pour la Fédération et l’État. À chaque étape de la compétition, l’équipe nationale dispute des matchs sans spectateurs et est, par conséquent, privée de la ferveur populaire, comme ce fut le cas lors de la CAN 2019. Une situation qui expliquerait le manque de motivation des joueurs. Faute de terrain homologué, les Barea sont lésés par rapport à leurs adversaires bien avant le coup d’envoi. Par ailleurs, ces déplacements peuvent aussi jouer sur le choix du sélectionneur, qui préfère prioriser les joueurs binationaux évoluant en Europe, plus proches du Maroc, afin de minimiser les dépenses. Et ce, même si la plupart de ces joueurs sont soit âgés et en fin de carrière, soit n’ont pas de temps de jeu dans leur club respectif.
Promesse
Pour le moment, en termes de résultats sportifs, la refondation annoncée et le changement attendu sont encore loin d’être acquis. Faut-il rappeler qu’au mois d’octobre 2025, au moment de sa prise de fonction à Ambohijatovo, l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports s’est engagé à finaliser les travaux de réhabilitation du stade Barea Mahamasina, conformément aux recommandations des experts de la CAF, afin que l’endroit puisse obtenir l’homologation avant décembre 2025. Ces travaux consistent, entre autres, en la remise aux normes du terrain et l’amélioration de la qualité de la pelouse, qui doit être conforme aux certifications de la FIFA, l’installation de tourniquets aux entrées et l’optimisation des flux de spectateurs et des accès aux gradins, ainsi que la mise en conformité des vestiaires, des tribunes, de l’éclairage et des espaces dédiés aux médias et aux officiels. Un an après, le ministre de tutelle n’a pas réussi à tenir sa promesse. À l’allure où vont les choses, nos Barea risquent encore de jouer les deux prochains matchs, prévus au mois de novembre, à l’extérieur. C’est dire à quel point le sport roi semble être devenu le cadet des soucis du régime de la Refondation.
Davis R




