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mercredi, septembre 2, 2026
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Quid du prisonnier politique ?

Face à la demande de libération des détenus politiques par la SADC, le pouvoir en place dément formellement l’existence de cette catégorie de prisonniers à Madagascar.

Quid du prisonnier politique ?

Il est communément admis qu’un prisonnier politique est une personne emprisonnée en raison de ses opinions politiques, de son opposition à un gouvernement ou d’activités considérées comme une menace pour les autorités en place. On est en droit – au propre comme au figuré – de (se) demander si les Rinah Rakotomanga, Sahondrarimalala Michelle, Naivo Raholdina, Richard Ravalomanana, Sylvain Rabetsaroana et tous les autres « forongony » qui croupissent dans les geôles du pays répondent à l’un de ces critères. Une chose est sûre : la plupart d’entre eux sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’État, ce qui constitue, au regard de la criminologie, une infraction politique. Un crime contre l’État qui renvoie à des violations de la loi visant des institutions, des autorités ou l’ordre politique, c’est-à-dire lié à l’exercice du pouvoir politique. Cela peut même viser directement le chef de l’État, comme c’est le cas du président de la Refondation qui affirme qu’on veut attenter à sa vie. Un recours à la violence criminelle pour des motifs politiques qui est justement caractéristique de certains prisonniers… politiques. Ou qui peuvent aussi être considérés comme tels en raison de la nature politique de leurs fonctions, de leurs opinions ou de leur engagement. Il en est ainsi des députés actuellement emprisonnés, qui bénéficient de la présomption d’innocence, quand bien même leur immunité parlementaire aurait été levée. À bon droit ou injustement. S’il existe des crimes contre l’État, il peut également y avoir des crimes commis par l’État, qui correspondent à des actes illégaux ou abusifs accomplis par les dirigeants afin de préserver ou accroître leur pouvoir. Dans l’un comme dans l’autre cas de figure, il s’agit de crimes à caractère politique, qui donnent aussi bien aux auteurs présumés qu’aux supposées victimes une situation, pour ne pas dire un statut, de prisonnier politique. Au sens criminologique du terme.

R.O

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