L’heure n’est plus aux simples effets d’annonce du côté d’Anosy. Après le séisme provoqué par le rapport 2025 de la Cour des Comptes, révélant un gouffre financier de 3 811 milliards d’ariary, le KMF/CNOE-Fanabeazana olompirenena monte au créneau. Pour cette organisation de la société civile, la « Refondation nationale » ne doit plus être un slogan de campagne, mais une réalité palpable.
Fin de l’impunité ? Le constat est amer. Si le KMF/CNOE salue le courage de la Cour des Comptes, il pointe du doigt une justice trop souvent à deux vitesses. L’organisation rappelle, non sans ironie, les dossiers restés « au frigo » : des bonbons sucettes aux écrans plats, en passant par le trafic d’or. À chaque fois, des enquêtes ont été promises « en grande pompe », pour finir aux oubliettes. « On ne se rassasie pas de l’odeur du rôti », semble dire l’association en citant le bon sens malgache face à l’urgence de la situation. Pour le Bureau national, la balle est désormais dans le camp de l’exécutif et du judiciaire. Pas question de mener des concertations de façade ; l’inclusion doit être totale. Le KMF/CNOE prévient : il restera une sentinelle intraitable. Le peuple attend des actes, des procès et, surtout, le recouvrement de ces fonds colossaux, qui manquent cruellement au développement du pays.
Recueillis par Julien R.


