
Le projet Lifeplan, grâce à un réseau de stations scientifiques installées à travers Madagascar, dévoile une biodiversité insoupçonnée, composée de milliers d’espèces encore non décrites.
Le projet de recherche Lifeplan est un projet de vaste envergure qui a permis d’identifier et de détecter la présence de nombreuses espèces encore non décrites, surtout chez les insectes et les arthropodes, mais aussi chez les champignons. Pour le cas de Madagascar, 30 stations ont été installées du Nord au Sud et d’Est en Ouest, selon le directeur du projet de recherche Lifeplan, Dimby Raharinjanahary. « Concernant uniquement les insectes, seulement 20 % avaient déjà été répertoriés, tandis que 80 % viennent tout juste d’être identifiés. Nous avons installé des caméras, des enregistreurs audio ou encore des pièges Malaises. C’est une sorte de tente qui permet de collecter les insectes. Nous avons également installé un appareil qui a aspiré l’air ambiant dans les forêts et a permis de collecter les spores et les pollens de végétaux », a-t-il expliqué. Ces points ont été mis en avant hier lors de la présentation des résultats de cinq années de recherche de ce projet à Fiadanana.
Endémiques
Beaucoup d’espèces, surtout chez les arthropodes et les insectes, sont encore non décrites. Nombreuses aussi n’ont pas encore été découvertes auparavant. Il y a aussi le fait que jusqu’à 90 % de ces espèces d’insectes sont endémiques de chaque forêt, de chaque fragment de forêt. « Si, par exemple, nous comparons deux forêts distantes même de 60 ou 100 kilomètres, il y aurait déjà plus de 30 % des espèces qui sont endémiques de chacune d’elles. L’importance de notre recherche, c’est de démontrer la valeur de la biodiversité dans les aires protégées. Non seulement les aires protégées malgaches sont déjà importantes pour la sauvegarde des espèces qui sont déjà bien connues, comme les lémuriens, les oiseaux, les amphibiens, les grenouilles, les crapauds, les reptiles qui sont endémiques, et notre recherche a prouvé qu’il y a encore une très grande majorité d’espèces qui ne sont pas toujours bien visibles, mais qui sont endémiques de Madagascar », poursuit Dimby Raharinjanahary. Il a également fait savoir dans la foulée qu’il faut renforcer la protection des aires protégées actuelles, mais, si possible, protéger aussi les fragments de forêt qui ne le sont pas encore, car dans ces fragments de forêt qui existent encore, il y a encore beaucoup d’espèces d’insectes ou d’arthropodes qui ne sont pas encore décrites.
Narindra Rakotobe



