
La disparition de la mégafaune malgache ne s’explique pas uniquement par la chasse primitive. Parue le 23 septembre dans la revue « Proceedings of the Royal Society B », une étude menée par Sean Hixon et Leanne Phelps remet en cause cette théorie. En analysant, par datation radiocarbone et isotopes stables, les restes d’ossements prélevés sur l’île, les chercheurs ont reconstitué la trajectoire du bétail introduit. Les résultats révèlent qu’il y a 1 200 ans, l’essor rapide de l’élevage de bovins, d’ovins et de caprins a entraîné une mutation profonde du couvert végétal, marquée par le déboisement et l’extension des prairies C4. Une grande étendue d’herbes de savane, sans grands arbres pour faire de l’ombre, très bien adaptée au soleil brûlant et aux périodes sèches. Cette pression pastorale et le morcellement des forêts ont coïncidé directement avec l’extinction des espèces endémiques, telles que l’oiseau-éléphant ou l’hippopotame pygmée. Au-delà du volet historique, ces travaux apportent des repères clés pour optimiser la gestion des pâturages actuels sans compromettre la préservation des derniers massifs forestiers de la Grande Île.
Recueillis par Maminirina Rado



