- Publicité -
samedi, septembre 5, 2026
- Publicité -
AccueilCultureRéflexion : La culture sacrifiée sur l’autel du développement

Réflexion : La culture sacrifiée sur l’autel du développement

La culture n’a jamais été au cœur des débats. Elle est classée dans la catégorie des loisirs, alors qu’elle constitue le socle même du développement. Personne ne peut le nier. Partout sur la Grande Île, des concertations sont organisées. Les participants froncent les sourcils pour analyser la gouvernance, la Constitution, les phénomènes sociaux ou encore l’économie, sans tenir compte de l’histoire, des transitions culturelles et du savoir-faire ancestral.

Ces cinq dernières décennies, les gouvernements qui se sont succédé n’ont valorisé la culture que lorsqu’ils se sentaient ébranlés sur leur siège. Mais quand tout va bien, la tradition se limite souvent aux danses folkloriques et aux chants destinés à accueillir les délégations étrangères à l’aéroport d’Ivato ou d’Arrachart. Les produits « Made in Madagascar » restent cantonnés à l’art du souvenir. Combien de citoyens envient les peuples asiatiques. « Ils respectent leurs coutumes », entend-on souvent. Faudra-t-il que les Malgaches se regardent dans un miroir où les face painting remplacent le masonjoany, et où les parures en or importées de France prennent la place des volamena tefy gasy d’Ambondromifehy ou d’Ilakaka ? Effectivement, nous n’allons pas nous habiller comme Andriamasinavalona ou Andriamandisoarivo. Cependant, il faut que nous soyons fiers de nos patrimoines immatériels et matériels », a souligné le journaliste et mpikabary Ahmad Mze Faralahy.

Cette fierté culturelle semble absente du cœur de nombreux jeunes. La concertation communale qui s’est tenue au gymnase couvert d’Antsiranana, le samedi 23 mai dernier, témoigne de cette insouciance. Peu de personnes y ont assisté, malgré les efforts déployés par les organisateurs pour encourager la participation de tous. Répartis en huit volets — gouvernance, politique, social, Constitution, réseaux sociaux, économie, entre autres — la culture et le sport ont été relégués au dernier plan. Et seuls quatre écrivains ont analysé les problèmes et difficultés rencontrés par les acteurs du secteur. Or, cette discipline, si l’on peut dire ainsi, ne se résume ni à la musique, ni à la danse, ni encore aux concours de Miss et Mister. La culture est bien plus qu’un loisir : elle constitue le fondement même d’une société, d’une localité, d’une région et d’une nation. « Pourquoi certains établissements nous interdisent-ils de porter le kitamby ou le malabary ? Est-ce considéré comme trop sauvage ? L’art vestimentaire ne reflète-t-il pas l’identité d’un peuple ? », s’interroge le poète Tom Poezy, connu sous le nom de Toamim. Autant de questions pertinentes qui méritent des réponses de la part de ceux qui marginalisent encore les passionnés du vako-drazana.

Contrairement à de grandes nations africaines comme le Nigeria, le Ghana ou le Burkina Faso, Madagascar a encore beaucoup à apprendre en matière de valorisation culturelle.

Iss Heridiny

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici