
Les concertations nationales vont partir au niveau des fokontany et des communes, selon les prévisions du gouvernement.
Le chantier de refondation a été présenté de nouveau au ministère des Affaires étrangères, hier, à Anosy. Face à l’ensemble de la communauté internationale, le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, a plaidé pour une « mobilisation rapide et coordonnée des partenaires », condition jugée indispensable à la réussite du processus. Diplomates, organisations internationales et institutions financières ont assisté à cette rencontre. L’objectif du gouvernement est de « transformer une vision politique en programme soutenu, structuré et financé », plaide-t-on. Aux côtés du chef du gouvernement, la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, la ministre en charge de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, ainsi que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Désiré Rasambany, ont défendu une feuille de route exigeante, centrée sur la gouvernance, l’inclusion et la faisabilité des réformes.
« Les défis sont nombreux », a reconnu Hanitra Razafimanantsoa, tout en insistant sur « un point de départ d’un partenariat renouvelé », fondé sur un véritable « esprit de partenariat ». Car, au-delà des discours, l’enjeu est de bâtir une « nouvelle République reposant sur l’État de droit, des élections transparentes et la redevabilité des institutions ». Ce cap avait été fixé dès le 13 avril, lors de la présentation de la politique générale de l’État dédiée à la refondation à l’Assemblée nationale. Depuis, le gouvernement s’emploie à enclencher une dynamique participative à la base. Des concertations ont déjà été lancées dans les fokontany, notamment à Tsarafara et Tsarafiraisana, dans la commune Ambano du district d’Antsirabe II, avant une montée en puissance prévue aux niveaux communal, régional, puis national. Le lancement national de ces concertations devrait alors avoir lieu en mai prochain, selon Hanitra Razafimanantsoa.
Cogestion
En parallèle, la jeunesse est appelée à jouer un rôle central. Le 14 avril, à Ivato, le gouvernement a lancé la concertation nationale des jeunes pour montrer cette volonté d’inclusion. Mais derrière cette ambition participative se cache un défi logistique colossal. Couvrir 19 340 fokontany, réviser le cadre électoral, rédiger une nouvelle Constitution et organiser des scrutins crédibles dans des délais courts sont un chantier titanesque que l’État reconnaît ne pouvoir porter seul. « Un cadre de cogestion est nécessaire pour assurer l’atteinte des objectifs », a souligné Roland Kobia, appelant à une implication accrue des partenaires. Dans ce contexte, l’appui international n’est plus un simple levier, mais une condition sine qua non. Le ministère en charge de la Refondation et celui de la Jeunesse invitent, en effet, les partenaires à s’inscrire dans une logique de co-construction, alignée sur les priorités nationales.
Rija R.


