
Durant la cérémonie d’investiture officielle du vice-président de l’Assemblée nationale pour le compte de l’ex-province de Toliara, Marco Tsaradia, qui s’est tenue samedi à Ampanihy, on a aperçu deux militaires russes parmi les gardes rapprochés du président Siteny Randrianasoloniaiko.
Des mercenaires
C’est ainsi que les observateurs qualifient les militaires étrangers qui assurent désormais la protection du président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux pendant le week-end. En effet, durant l’investiture officielle du vice-président de l’Assemblée nationale pour le compte de l’ex-province de Toliara, Marco Tsaradia, qui s’est tenue samedi à Ampanihy, on a vu deux gardes du corps de nationalité étrangère qui ont escorté le numéro un de la Chambre basse. Selon une source proche de Tsimbazaza, il s’agirait de militaires russes. En tout cas, cet événement à Ampanihy a confirmé que le patron de l’hémicycle a bel et bien recruté des forces étrangères pour assurer sa sécurité. Face aux rumeurs et aux menaces de déstabilisation, les dirigeants de la Refondation décident de recourir aux services de forces extérieures. La présence de ces derniers sur notre territoire suscite cependant de nombreuses questions. En effet, les observateurs se demandent si Siteny Randrianasoloniaiko ne fait plus confiance aux militaires malagasy et à ses gardes du corps des premières heures. Ce manque de confiance peut, peut-être, s’expliquer par le malaise existant actuellement au sein des Forces armées malagasy, notamment entre des officiers supérieurs qui s’attaquent et se déchirent sur les réseaux sociaux. La question est aussi de savoir qui assure le paiement des salaires de ces éléments étrangers car, certainement, leurs services ne peuvent pas être gratuits ? Il convient pourtant de souligner que l’Assemblée nationale dispose, au sein de sa Direction de la sécurité, d’un bataillon formé d’éléments mixtes composés de militaires, gendarmes et policiers.
Informations stratégiques
En tout cas, on constate aujourd’hui que les dirigeants du régime de Refondation préfèrent recruter des agents paramilitaires russes pour assurer leur protection rapprochée. Au cours d’une interview accordée à des confrères de la télévision d’État russe, le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, avait confirmé la présence, dans nos murs, des éléments de l’Africa Corps, structure paramilitaire au sein du ministère de la Défense russe. Officiellement, leur mission consiste à former le personnel de l’Armée malagasy et à fournir des aides humanitaires à la population touchée par le cyclone. L’information relative à la présence de militaires et d’instructeurs russes sur le sol malgache a également été confirmée par l’ambassade de la Russie. Selon les explications, ces hommes sont à Madagascar pour former les militaires malgaches, notamment dans la réalisation de missions de reconnaissance, des tireurs d’élite, des opérateurs de drones d’attaque et des unités d’assaut. Le PRRM a aussi fait savoir que, outre la lutte contre les dahalo, leur mission consiste aussi à la sécurisation des palais d’État et des autorités. « Ces instructeurs russes sont là pour améliorer la capacité de notre Armée et pour nous protéger en premier lieu », a-t-il soutenu. Quid, alors, de la question de la souveraineté, de la sécurité nationale et du secret-défense car, en autorisant des éléments étrangers à accéder aux palais, on ne peut pas écarter le risque de divulgation d’informations stratégiques censées être confidentielles. Force est de rappeler qu’en 2009, Marc Ravalomanana, qui était alors président de la République, avait été accusé de haute trahison à cause de la présence d’étrangers parmi les militaires qui ont assuré la mission de maintien de l’ordre sur la place du 13 Mai lors de la manifestation de l’opposition.
Davis R


