Face à l’ampleur de la pauvreté multidimensionnelle, Madagascar mise sur le Registre social unique (RSU) pour améliorer l’identification des populations vulnérables. Avec près de 2,7 millions de ménages annoncés comme couverts, l’enjeu dépasse désormais le recensement, car il s’agit de transformer ces informations en interventions sociales efficaces.
Dans la commune de Mahambo, dans la région Analanjirofo, Robine élève seule ses trois enfants. Bénéficiaire du programme Asa Avotra Mirindra, elle a développé des activités agricoles et d’élevage qui lui permettent notamment de financer la scolarité de son dernier enfant à l’université de Toamasina. Son parcours illustre les possibilités offertes par une protection sociale associant soutien financier, formation et activités productives.
Identification
Selon l’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle 2026, publié par le PNUD et l’OPHI, 68,4% des Malgaches vivaient dans cette situation lors de l’enquête de référence de 2021. Rapporté à la population de 2024, ce taux correspond à une estimation de 21,87 millions de personnes. Parallèlement, en septembre 2026, le ministère de la Population annonçait près de 2,7 millions de ménages couverts par le Registre social unique, contre 1,82 million précédemment recensés. Il convient toutefois de noter que ces chiffres ne renseignent pas sur le nombre de ménages bénéficiant effectivement d’une assistance. Le ciblage constitue ainsi un enjeu majeur. Dans son approche, par exemple, le FID prend notamment en compte les revenus, la composition familiale, les conditions de logement, l’accès à l’eau et la présence de personnes vulnérables. Ces informations contribuent à identifier les ménages prioritaires pour les programmes de protection sociale.
Du recensement aux résultats
Au-delà de l’identification des ménages vulnérables, l’articulation entre le Registre social unique et les programmes de protection sociale constitue un enjeu important. L’utilisation de données harmonisées peut, en effet, contribuer à orienter les interventions selon les besoins des familles, tandis que le suivi des bénéficiaires permet d’apprécier l’évolution de leurs conditions de vie, notamment en matière de revenus, de santé et de scolarisation.
José Belalahy




