
Avec un don de 8,6 milliards d’ariary, le Japon équipe l’Université d’Itasy pour mieux analyser les ressources minières. Derrière cette coopération scientifique se dessine un enjeu économique majeur : mieux valoriser les richesses nationales du pays.
Madagascar entend mieux connaître son potentiel minier pour en tirer davantage de retombées économiques. Un nouveau financement japonais devrait contribuer à cette ambition. Le gouvernement du Japon vient d’accorder un don non remboursable de 300 millions de yens, soit environ 8,6 milliards d’ariary, destiné à l’acquisition d’équipements scientifiques de pointe au profit de l’Université d’Itasy. Ces matériels permettront d’approfondir les analyses géologiques et minéralogiques, notamment sur le graphite et le béryllium, deux ressources présentant un intérêt pour les industries de haute technologie. Les chercheurs pourront ainsi déterminer avec davantage de précision leurs caractéristiques, leur composition et leur qualité. L’enjeu dépasse le seul domaine universitaire. Une meilleure connaissance des ressources du sous-sol constitue un préalable à leur valorisation économique, à l’orientation des investissements et au développement éventuel d’activités industrielles locales. Pour Madagascar, qui dispose d’importantes richesses naturelles, la disponibilité de données scientifiques fiables représente également un moyen de mieux apprécier leur valeur et de défendre ses intérêts dans les projets d’exploitation. Le programme vise parallèlement à renforcer les compétences des chercheurs et des étudiants malgaches, en favorisant une expertise nationale capable d’accompagner durablement le développement du secteur minier.
Cette coopération durable a été officialisée hier au ministère des Affaires étrangères, à Anosy, à travers une double signature. L’échange de notes a été signé par la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, et le chargé d’affaires de l’ambassade du Japon, Yamada Shigechika. L’accord de don a ensuite été paraphé par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, et le représentant résident de la JICA à Madagascar, Odawara Kosuke. Pour le MEF, l’objectif consiste à disposer de connaissances scientifiques suffisamment solides pour éclairer les décisions économiques et favoriser une exploitation durable des ressources nationales. La réussite du programme dépendra toutefois de sa mise en œuvre effective, de la bonne utilisation des équipements et de leur entretien. L’État malgache devra notamment assurer certaines charges financières liées aux décaissements et aux obligations fiscales prévues par l’accord. Ce nouveau don s’inscrit dans une coopération japonaise déjà présente dans plusieurs secteurs stratégiques, dont les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’eau et la santé. Au-delà des équipements, l’ambition est de transformer les capacités scientifiques en véritables opportunités de développement, au bénéfice de l’économie nationale et de l’emploi.
Antsa R.




Voilà ce que c’est l’aide au développement et non fournir des armes et former la garde présidentielle uniquement comme le fait cette « grande Russie » adorée par les militaires locaux