
Aucun sondage n’a encore été réalisé sur la question. Néanmoins, l’idée du rétablissement du service national pour les jeunes n’a pas manqué de faire réagir le public, notamment les utilisateurs des réseaux sociaux, mode d’expression favori des jeunes et des moins jeunes à Madagascar.
Évoqué il y a trois jours à Ihosy lors d’un déplacement présidentiel, le rétablissement du service national pour les jeunes à Madagascar n’a pas tardé à faire l’objet de commentaires et d’expressions sur les réseaux sociaux. Les avis sont partagés, même parmi les jeunes des années 1980 qui ont effectué le service national hors forces armées. Si les bénéfices du « SN » sont reconnus, notamment le fait de forger le caractère, de gagner en autonomie et en assurance, d’acquérir un certain nombre de « life skills » et, bien entendu, de contribuer au renforcement des effectifs dans l’éducation et l’enseignement durant leur année de SN, le bilan négatif de cette période est tout autant mis en avant.
SN nouvelle génération
Outre le retard d’une année dans le cursus universitaire pour les bacheliers, on reproche aux années de SN l’absence de retombées positives palpables sur l’évolution de la société malgache en général. « Bien au contraire, c’était à cette époque que la corruption a commencé à se généraliser et que le déclin de la bonne moralité a débuté. » La question de l’âge des nouveaux bacheliers est également soulevée, dans la mesure où les jeunes encore mineurs au moment de l’obtention du baccalauréat étaient moins nombreux à l’époque des années de SN. Les bacheliers de 16 ou 17 ans d’alors, notamment les jeunes filles, n’étaient généralement pas affectés en dehors de leur localité, contrairement aux bacheliers de 21 ou 22 ans, qui pouvaient se retrouver à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux pour effectuer leur service national, l’éloignement faisant également partie de l’approche adoptée par le régime d’alors. Cependant, durant la formation militaire, les jeunes bacheliers, mineurs ou majeurs, filles ou garçons, étaient logés à la même enseigne en matière d’épreuves physiques et de maniement des armes, qu’il s’agisse de kalachnikovs ou de fusils MAS 36 pesant plusieurs kilos. Ces dernières années, le nombre de bacheliers mineurs est en nette augmentation. Voir un jeune de 15 à 17 ans réussir au baccalauréat est beaucoup plus courant. Une situation dont il faut tenir compte dans l’élaboration d’un éventuel projet de service national nouvelle génération. Bref, le contexte actuel, comme le champ de réalisation, diffère de celui des années 1980. Les SN des anciennes et nouvelles générations différeront tout autant.
Hanitra R.




