
Et de trois. Le ministère de la Pêche et de l’Économie bleue a organisé, la semaine dernière, le troisième atelier régional de consultation des parties prenantes pour la révision du code de la pêche et de l’aquaculture.
Comme il l’a déjà fait lors des deux premiers ateliers à Toliara et Antsiranana pour les régions Atsimo Andrefana et Diana, le ministre de la Pêche et de l’Économie bleue a participé activement à cette rencontre régionale qui a réuni différentes parties prenantes du secteur, notamment les pêcheurs artisanaux, les opérateurs économiques, les collecteurs, les transformateurs ainsi que les représentants des autorités locales et des services techniques de l’État, dans la région Boeny.
Processus de dialogue
Une manière pour Chan Kit Waye Jaco de démontrer l’importance accordée par le gouvernement à ce processus de dialogue avec les acteurs du terrain. « Nous sommes là pour recueillir avis et suggestions de toutes les parties prenantes pour avoir une législation qui répond aux exigences d’un secteur de la pêche et des ressources halieutiques capable de contribuer efficacement au développement du pays », a-t-il indiqué, lors de l’ouverture de cet atelier régional. Le principal objectif de ces ateliers régionaux est, en effet, de recueillir les avis, préoccupations et propositions des acteurs directement concernés afin d’améliorer le cadre législatif et réglementaire du secteur. À l’issue de ces consultations régionales, les recommandations et résolutions formulées seront consolidées et examinées lors d’un atelier national qui devra permettre de dégager les grandes orientations de la réforme, explique-t-on du côté du ministère de la Pêche et de l’Économie bleue.
Réforme participative
Une démarche que l’on peut qualifier de globalement positive et stratégique pour plusieurs raisons. Elle correspond, en effet, à ce que l’on appelle dans les politiques publiques une réforme participative, puisque le fait de consulter directement les pêcheurs, les collecteurs, les transformateurs et les exportateurs permet d’éviter un problème fréquent : celui des lois décidées à Antananarivo et qui ne correspondent pas forcément aux réalités du terrain. L’enjeu est, en tout cas, de taille puisque ce processus de révision du Code de la pêche et de l’aquaculture intervient dans un contexte où l’économie bleue est considérée comme un levier stratégique de développement pour Madagascar. Un pays qui, avec plus de 5 000 kilomètres de côtes et une vaste zone économique exclusive dans l’océan Indien, dispose d’un potentiel maritime considérable.
Mesures concrètes
À terme, les réformes envisagées devraient notamment permettre de renforcer la gestion durable des ressources halieutiques, d’améliorer la gouvernance du secteur, de lutter contre la pêche illicite et de promouvoir le développement de l’aquaculture ainsi que des activités de transformation et d’exportation des produits de la mer. Mais le plus important reste encore à venir puisque l’équipe actuelle du département de la pêche et de l’économie bleue affiche réellement sa détermination à transformer les propositions issues des consultations régionales en mesures concrètes dans la future législation. Une telle réforme pourrait, en tout cas, contribuer à moderniser le cadre juridique du secteur et à renforcer le rôle de l’économie bleue dans la croissance économique et le développement des régions côtières de Madagascar.
R.Edmond.




