
Après plusieurs jours difficiles, l’équilibre est revenu sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Le TAC 1 d’Ambohimanambola, dont la panne avait entraîné des délestages la semaine dernière, a finalement été réparé et remis en service.
Les moyens de production disponibles permettent désormais de couvrir les besoins du réseau. Pour autant, les usagers ne sont pas totalement à l’abri des coupures. La vulnérabilité des infrastructures de distribution de la Jirama reste un défi de taille. En effet, le courant est revenu, mais la vigilance reste de mise. Après une semaine marquée par des coupures tournantes dans plusieurs quartiers d’Antananarivo et de ses périphéries, la situation s’est nettement améliorée sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo. La réparation du TAC 1 (turbine à combustion n° 1) d’Ambohimanambola a permis de rétablir une capacité de production suffisante pour répondre aux besoins actuels du RIA. La semaine dernière, la défaillance de cette turbine à combustion avait sérieusement perturbé l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité. Le problème technique, signalé en début de semaine, avait contraint la Jirama à arrêter le TAC 1. La situation était d’autant plus délicate que la période d’étiage réduit parallèlement les capacités de production des centrales hydroélectriques. Pour maintenir l’équilibre du réseau durant les heures de pointe, des délestages tournants étaient devenus nécessaires dans plusieurs zones de la capitale et des communes périphériques.
Réparation délicate. La remise en état du TAC 1 n’a pas été immédiate. Après plusieurs interventions des équipes techniques et un essai qui a échoué, la turbine à combustion a dû être démontée une nouvelle fois, vendredi dernier, afin de permettre des vérifications et des travaux plus approfondis. L’opération a finalement permis de réparer l’équipement et de le remettre en fonctionnement durant le week-end. Cette réparation apporte un soulagement important en pleine période d’étiage. Les turbines à combustion d’Ambohimanambola jouent en effet un rôle stratégique dans la sécurisation du RIA lorsque la production hydroélectrique diminue. Elles permettent de mobiliser rapidement des capacités thermiques supplémentaires pour compenser les pertes de production liées à la baisse du niveau des eaux. Le TAC 1 avait toutefois déjà connu plusieurs difficultés techniques au cours des dernières semaines, mettant régulièrement sous tension l’équilibre du réseau. Sa disponibilité constitue ainsi un élément déterminant du dispositif mis en place pour traverser la saison sèche.
Délestage résolu. Avec son retour en service et la mobilisation des autres unités disponibles, la capacité de production est désormais suffisante pour satisfaire la demande actuelle sur le RIA. Cela signifie qu’en situation normale, il ne devrait plus être nécessaire de programmer des délestages pour combler un déficit de mégawatts. Cette amélioration ne signifie cependant pas que toute coupure d’électricité disparaîtra immédiatement à Antananarivo. Un autre problème, plus structurel, demeure : celui de la fiabilité du réseau chargé d’acheminer l’électricité jusqu’aux consommateurs. Le sujet est essentiel car une coupure n’est pas systématiquement synonyme de manque de production. Même lorsqu’une quantité suffisante d’électricité est disponible à la sortie des centrales, des incidents peuvent survenir sur les lignes, les postes de distribution, les transformateurs ou les câbles. La Jirama fait depuis plusieurs années face au vieillissement et, dans certaines zones, à la saturation de ses infrastructures. L’augmentation constante des besoins électriques dans l’agglomération d’Antananarivo accroît également les contraintes exercées sur les équipements existants. Des transformateurs fortement sollicités, des câbles endommagés, des anomalies sur les lignes ou encore des incidents au niveau des postes peuvent ainsi provoquer des interruptions localisées, indépendamment de la quantité d’énergie produite. C’est désormais là que se situe une grande partie du défi.
Acheminement. L’amélioration durable de l’approvisionnement en électricité ne repose donc pas uniquement sur l’installation de nouvelles capacités de production. Elle nécessite également de pouvoir transporter et distribuer correctement chaque mégawatt disponible. Les investissements engagés dans de nouvelles centrales thermiques, solaires ou hydroélectriques risquent, en effet, de ne produire pleinement leurs effets pour les consommateurs que si, parallèlement, le réseau électrique est renforcé. La modernisation des postes, le remplacement des équipements vétustes, l’augmentation de la capacité des transformateurs et la sécurisation des lignes deviennent ainsi aussi stratégiques que l’accroissement de la production elle-même. La situation observée la semaine dernière en donne une nouvelle illustration. Une panne sur une seule unité importante de production a suffi à ramener les délestages sur le RIA. Avec le TAC 1 de nouveau opérationnel, l’équilibre production-consommation est aujourd’hui rétabli. Mais, pour les usagers, le véritable progrès sera de pouvoir disposer de cette électricité avec régularité jusqu’au compteur.
Antsa R.




