
La responsabilité de la société Qits Minerals Madagascar ou QMM pourrait être soulevée en cas d’impacts environnementaux radiologiques nés des déversements des eaux usées issus de l’exploitation des sables minéralisés à Tolagnaro.
« Pollueur payeur ». Un principe que le gouvernement entend appliquer si les résultats de « l’étude de contre-expertise sur les impacts environnementaux radiologiques de l’exploitation des sables minéralisés de la Qits Minerals Madagascar à Taolagnaro » venait à confirmer l’existence d’une pollution aux éléments radioactifs des ressources en eaux dans le même district. En effet, selon Ladislas Adrien Rakotondrazaka, durant une conférence de presse organisée hier, « un incident est survenu dans le site d’exploitation de QMM à Taolagnaro le 17 février dernier. Il y a eu un débordement des eaux contenant des éléments radioactifs. Celles-ci se sont déversées dans une zone dont la contamination pourrait impacter les ressources en eau utilisées par la population ». Un incident qui a duré une heure selon Ladislas Adrien Rakotondrazaka, qui viendrait s’ajouter aux diverses interpellations effectuées par les organisations de la société civile locales quant aux risques encourus par la population sur les eaux usées émanant de l’exploitation. Et qui aurait conduit le gouvernement à initier une étude de contre-expertise. Menée de concert par l’ANDEA ou Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement et l’INSTN ou Institut National des Sciences et Technologies Nucléaires, celle-ci entend « déterminer s’il y a eu ou non contamination des ressources en eau situées aux alentours du site ». Comme l’a fait savoir Antsatiana Ravaloera, directeur de l’ANDEA, « cette mission de contre-expertise a pour objectif de déterminer le niveau de contamination des ressources en eaux situées aux alentours du site d’exploitation de la société QMM ». Le responsable de rajouter que l’étude devrait également permettre de « déterminer la vulnérabilité des (mêmes) ressources en eau ».
Engagement. Profitant de la conférence de presse, le ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène a noté que les « résultats de l’étude devraient permettre au gouvernement de prendre les mesures adéquates. À travers cette mission de contre-expertise, on va évaluer les dégâts », a-t-il expliqué. Avant de rajouter que « les éventuels impacts de cet incident seront imputés à la société ». Ainsi, si les résultats de l’étude menée par l’INSTN et l’ANDEA venaient à confirmer les diverses interpellations faites par divers acteurs, le gouvernement pourrait opter pour un « scellé administratif ». « Cela signifie qu’on va interdire à la société de rejeter ses eaux usées et l’obliger à mettre en place un système de traitement de ces eaux avant leur relâchement », a clarifié le ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène. Par ailleurs, et compte tenu des inquiétudes de la population, la société aurait accepté de procéder à l’approvisionnement en eaux des zones situées aux alentours de son site d’exploitation. D’une durée de 60 jours, la contre-expertise menée par l’INSTN et l’ANDEA pourrait coûter cher à la société si l’on se fie aux responsables du ministère de l’Eau.
José Belalahy




