
Le « Parti École » n’a rien perdu de sa verve historique. Ce 1er mai, Monja Roindefo, ancien Premier ministre et leader du parti MONIMA, a posé une question qui brûle les lèvres de nombreux compatriotes : « Que faire pour la reconstruction face à l’urgence sociale ? ». Pour l’homme d’État, la situation de la jeunesse, qui représente 76% de la population, est le baromètre d’une nation en crise. Privée d’emplois décents et d’une éducation de qualité, cette force vive est aujourd’hui prise en étau entre la misère et l’insécurité orchestrée par des « dahalo en col blanc ».
Crise des corps intermédiaires
Relèvements pratiques. L’analyse de Roindefo Monja pointe également une rupture institutionnelle. Selon lui, les syndicats, les partis politiques et même les ONG ont perdu leur capacité d’impact, laissant la jeunesse dans un isolement psychologique face à la misère de masse. Face à cette « corruption rampante » qui paralyse le pays, il appelle à un débat de fond : faut-il changer les mentalités ou les structures ? Fidèle à l’héritage de son père, le patriote Monja Jaona, il a rappelé l’importance des « relèvements pratiques ». Évoquant les figures de 1971 et 1972, il souligne que le combat pour la dignité reste d’actualité. Sur la forme de l’État, le leader ne tranche pas, mais ouvre le débat : État unitaire, provinces autonomes ou fédéralisme ? Pour Roindefo Monja, l’essentiel réside dans une vision à long terme, loin des slogans électoralistes. Citant le célèbre « Duc in altum ! » (Avance en eau profonde), il invite les Malgaches à quitter les rivages du désespoir. Un appel au courage et à la solidarité pour que la jeunesse ne soit plus spectatrice, mais actrice de son destin.
Julien R.


