
En marge de la célébration de l’« Independence Day », le député élu à Toamasina I s’est exprimé sur l’élection des deux nouveaux représentants de l’Assemblée nationale au sein de la Haute Cour constitutionnelle, ainsi que sur le projet Vara Mada.
Forcing
Dans la nuit du mercredi 17 juin, les députés ont été informés qu’un vote aurait lieu le lendemain à 10 heures. Une heure avant, le député Roland Ratsiraka a demandé le report du vote afin que les éventuels candidats soient dûment informés et disposent du temps nécessaire pour rejoindre la capitale et déposer leur candidature. C’était notamment le cas de Ken Anjararison, avocat intègre et expérimenté, titulaire d’un diplôme de 3e cycle en droit fondamental. « Le président de l’Assemblée nationale n’a pas accédé à cette demande », selon l’édile de Toamasina I. « Cela s’apparente à du forcing », estime-t-il, en rappelant que « c’est ce type de pratique qui avait été dénoncé sous l’ancien régime d’Andry Rajoelina ».
Ambatovy
Roland Ratsiraka a également tenu à s’exprimer sur plusieurs enjeux économiques majeurs pour Madagascar. « Le projet Vara Mada représente un investissement estimé à 900 millions de dollars, avec des recettes fiscales potentielles de 130 millions de dollars par an, sans compter les milliers d’emplois directs et indirects qu’il pourrait générer. » L’élu de Toamasina I retrace que, lorsqu’il était maire de la ville, le projet Ambatovy devait s’installer au début des années 2000 avec un investissement record de 11 milliards de dollars, l’un des plus grands investissements miniers au monde à l’époque. « Ce projet a nécessité près de dix années d’études d’impact environnemental. Je l’avais soutenu, mais avec des exigences strictes en matière de protection de l’environnement et de responsabilité sociétale des entreprises : appui aux écoles, réhabilitation des routes, soutien aux populations locales, notamment à Bazar Be et dans d’autres zones concernées. Aujourd’hui, Ambatovy génère environ 400 milliards d’ariary de recettes fiscales annuelles, de quoi financer près de 100 kilomètres de routes par an, tout en créant environ 10 000 emplois directs et indirects, ainsi que d’importantes retombées économiques, sociales et environnementales dans la région Atsinanana. »
Message clair
Roland Ratsiraka reste néanmoins prudent, estimant que l’exploitation minière n’est pas durable au même titre que le tourisme. Cependant, il reconnaît qu’un pays en développement a besoin de leviers financiers puissants pour construire des routes, des écoles, des hôpitaux et financer de grands projets énergétiques. C’est pourquoi il pense qu’un grand projet structurant par province peut être bénéfique. Concernant Vara Mada, il considère que « ce projet est stratégique non seulement pour Toliara, mais aussi pour l’ensemble du pays ». C’est pourquoi il tire la sonnette d’alarme par rapport aux conséquences politiques et diplomatiques en cas de blocage prolongé du projet Vara Mada. « Si ce projet n’avance pas, ou s’il est bloqué par des intérêts individuels ou par la volonté d’une seule personne, l’image du gouvernement pourrait être sérieusement entachée auprès des investisseurs internationaux. Un tel signal alimenterait l’idée d’une instabilité administrative et d’un manque de cohérence dans la politique d’investissement du pays. Le gouvernement doit envoyer un message clair : Madagascar est capable d’accueillir de grands investissements tout en garantissant la sécurité juridique, la transparence et le respect des normes environnementales. »
Partenaires américains
Roland Ratsiraka ajoute qu’« il y a un risque de fragilisation des relations avec les États-Unis si Madagascar donne l’impression de remettre en cause des projets stratégiques soutenus par des partenaires américains comme Vara Mada ». Et de prendre l’exemple de l’AGOA, qui représente au moins 80 000 emplois directs. « Si l’administration américaine actuelle interprète négativement certains messages ou certaines décisions, les conséquences économiques pourraient être lourdes pour Madagascar », avertit-il.
Nadia R.


