
18 archéologues effectueront une expédition de grande envergure à l’île Sainte-Marie. Menée par Jean Soulat, chercheur de l’université de Caen, cette équipe travaillera sur les terrains sous-marin, aérien et terrestre.
Mettre en évidence les vestiges archéologiques d’occupations anciennes de la baie d’Ambodifototra. Tel est l’objectif principal de la grande expédition qui sera menée du 25 avril au 13 mai 2022, par l’équipe de Jean Soulat. Celle-ci travaillera en particulier sur les vestiges liés à l’installation des pirates entre les années 1690 et 1730. D’après cette équipe franco-malgache qui sera dirigée par Jean Soulat (ADLP), John de Bry (ADLP), Lucien Rakotozafy (ICMAA) et Chantal Radihimaly (ICMAA), la mission archéologique sur Sainte-Marie devait se dérouler il y a deux ans, mais a été reportée en raison de la crise sanitaire. « Nous prendrons l’avion le mardi 19 avril vers Antananarivo puis 2 jours plus tard (pour cause de confinement à l’arrivée) nous prendrons un vol interne vers l’île Sainte-Marie. Les recherches démarreront le lundi 25 avril », ont communiqué les archéologues, sur leur plateforme de communication en ligne.
Valorisation. Certes, ces travaux de recherche ne pourront être que favorables pour la promotion de la destination Sainte-Marie. Jean Soulat est un archéologue de plus en plus connu. Il est coprésident de l’association Archéologie de la Piraterie, dont la mission est de mener des recherches ainsi que des fouilles archéologiques dans l’Océan Indien, les Caraïbes et la Côte Est des États-Unis. C’est d’ailleurs dans ce cadre que l’investigation sera menée, pour fouiller les restes d’une base construite par des pirates au XVIIe siècle. En novembre dernier, Jean Soulat a plongé sur une épave à l’île Maurice. Ses travaux permettent de mieux connaître la vie de ces aventuriers qui ont écumé les mers et marqué notre imaginaire. Cet archéologue de formation était spécialisé dans les Mérovingiens. Il y a quelques années, il s’est vu confier l’étude d’objets datant de l’époque moderne (du XVIe au XVIIIe siècle) pour le compte de la société Landarc. « Je me suis aperçu que la piraterie n’avait jamais été étudiée. Les fouilles de deux frégates corsaires qui ont fait naufrage à Saint-Malo en 1704 et en 1749 ont livré des informations concernant le passé maritime de la course, mais sur la piraterie, il n’y avait rien », a déclaré Jean Soulat.
Mettre en lumière. Pour l’OTSM (Office régional du tourisme de Sainte-Marie), la mission des archéologues viendra peut-être battre en brèche une autre idée reçue : ces marins ne passaient pas leur vie en mer. « Ces gens-là avaient des zones de relâche. Ils s’établissaient dans des campements cachés pour y séjourner quelques semaines, quelques mois… C’est l’archéologie qui nous renseigne de manière précise sur le quotidien des pirates… », indique le chef de mission. Selon lui, au-delà de leurs aventures en mer, les pirates disposaient de bases d’opérations. Les investigations archéologiques menées par des chercheurs indiquent que l’île de Sainte-Marie, sur la côte est de Madagascar fait partie de leurs principaux repaires dans l’Océan Indien. D’après l’association Archéologie de la Piraterie, les recherches de Jean Soulat permettront ainsi « de mieux comprendre l’installation de ces forbans, leur mode de vie, l’exploitation des matières premières et le mode de construction de ces aménagements ». Lors de son passage, l’OTSM mettra en vente une vingtaine d’exemplaires de son livre « Capitaine Barbe-Gris – Lumière sur le Mythe Pirate », tome 1, 2022 destiné pour une audience de jeunes (à partir de 7 ans). De manière humoristique, ce livre met en lumière la vie des pirates aux XVIIe et XVIIIe siècles, à travers les archives, l’histoire et les découvertes archéologiques.
Antsa R.




