
Madagascar cherche de nouvelles réponses aux besoins de financement des entreprises. Des propositions russes seront examinées, alors que la relance économique impose de mieux mobiliser les ressources disponibles au profit de la production nationale et de l’emploi.
Le financement du secteur privé figure parmi les pistes de coopération discutées à Moscou. En marge du Sommet Russie-Afrique tenu la semaine dernière, la partie russe a présenté des propositions à la délégation malgache, conduite par le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina. Madagascar entend en examiner l’intérêt pour son économie et la contribution possible à ses ambitions de relance, selon la délégation. L’objectif est de rechercher des réponses aux besoins des entreprises, en tenant compte des priorités nationales. La création d’emplois figure parmi les attentes. Ces échanges interviennent alors que le financement des activités productives demeure un enjeu pour le pays. Investir, développer une activité ou assurer son fonctionnement quotidien exige des ressources accessibles et adaptées. La recherche de partenaires doit ainsi permettre d’élargir les possibilités offertes aux opérateurs. L’enjeu sera de passer de ces échanges à des perspectives de financement utiles aux entreprises, au service des priorités nationales.
Paradoxe
Madagascar dispose d’un secteur bancaire relativement solide, mais cette robustesse ne se traduit pas suffisamment par le financement de l’économie réelle. C’est le constat développé par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, membre de la délégation malgache à Moscou. Selon son analyse, les mécanismes existants ne répondent pas assez aux besoins des activités productives. Le décalage invite à s’interroger sur les moyens de mieux rapprocher les ressources financières des entreprises. Derrière cette question se trouvent des besoins concrets, comme acheter des matières premières, renouveler des équipements, constituer des stocks ou développer des débouchés. Pour un opérateur, l’existence d’une offre ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir y accéder et trouver des conditions compatibles avec son activité. L’enjeu de la relance se joue donc aussi dans cette capacité à transformer la solidité financière en soutien effectif à la production et au développement des entreprises.
Accès
Le montant du financement, les garanties demandées et les échéances de remboursement comptent dans la capacité d’une entreprise à concrétiser son projet. Les besoins diffèrent également selon les secteurs et la taille des activités. Un investissement destiné à accroître la production ne se finance pas nécessairement dans les mêmes conditions que les dépenses courantes. Une entreprise peut devoir engager des achats bien avant d’encaisser ses ventes. Le calendrier des financements doit alors tenir compte de ce décalage. Ces réalités donnent tout son sens à la recherche de solutions adaptées au secteur privé. Leur pertinence devra s’apprécier à partir des besoins auxquels elles répondent, des conditions d’accès et des perspectives des activités concernées. Pour Madagascar, l’intérêt des partenariats se mesurera ainsi aux possibilités qu’ils ouvriront aux entreprises. Les échanges de Moscou constituent une piste, dont la portée dépendra de sa capacité à soutenir concrètement l’investissement et l’emploi.
Antsa R.


