
L’accalmie pourrait être de courte durée. Après les dernières récoltes, la situation alimentaire devrait de nouveau se tendre dans plusieurs régions de Madagascar à partir d’octobre. Dans le Grand Sud, l’épuisement des stocks, la faiblesse des revenus et les incertitudes climatiques font craindre une nouvelle période difficile jusqu’au début de 2027.
La situation alimentaire s’est légèrement améliorée à Madagascar après les dernières récoltes, mais cette amélioration pourrait ne pas durer. Selon une analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un système international utilisé pour mesurer la gravité des crises alimentaires, environ 2,12 millions de personnes devraient se trouver, entre juin et septembre 2026, dans une situation nécessitant une aide alimentaire urgente ou risquant de l’être. La lecture de cette analyse fait savoir que ce chiffre est en baisse par rapport aux 2,57 millions de personnes concernées entre mars et mai derniers. Mais derrière cette amélioration nationale se cachent de fortes disparités régionales.
Sous pression
Le signal d’alerte est particulièrement préoccupant dans le Grand Sud. Quelque 183 000 personnes y sont classées dans une situation « d’urgence alimentaire », c’est-à-dire confrontées à des difficultés telles qu’une réduction importante de la quantité ou de la qualité des repas, et un recours à des stratégies de survie. Elles étaient environ 25 000 lors de la période précédente. L’organisation FEWS NET, un réseau spécialisé dans l’analyse et l’anticipation des crises alimentaires, estime qu’une « période de soudure précoce pourrait désormais se développer entre juillet 2026 et janvier 2027 ». Les réserves alimentaires des ménages pauvres risquent de s’épuiser avant les prochaines récoltes.
À surveiller. La situation pourrait encore se dégrader entre octobre 2026 et janvier 2027, période correspondant au cœur de la prochaine soudure. L’IPC estime qu’environ 3,72 millions de personnes pourraient alors être confrontées à une situation d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une assistance, dont près de 426 000 en situation d’urgence. Plusieurs facteurs pourraient accentuer la pression, entre autres : la hausse saisonnière des prix, les revenus insuffisants, les stocks limités ainsi que les incertitudes concernant le début de la prochaine saison des pluies. FEWS NET évoque notamment le risque d’un démarrage retardé des pluies dans un contexte climatique influencé par le phénomène El Niño. Dans un tel schéma, la question se pose : comment éviter que la prochaine soudure ne se transforme en nouvelle crise alimentaire ?
José Belalahy





Il faut planter de l’ananambo, partout et spécialement dans le sud de Madagascar. Un arbre qui résiste à la sécheresse. Les feuilles sont utilisées comme brède. Les graines donnent de l’huile et servent à purifier l’eau.