
Madagascar fait face à ses paradoxes. Avec ses 5 000 km de côtes et un espace maritime de 1,14 million de km², soit le double de sa superficie terrestre, l’avenir de la Grande île se joue indéniablement en mer. Pourtant, l’absence d’une politique maritime nationale unifiée coûte cher : près de 500 millions de dollars par an, selon les données révélées lors de l’ouverture de l’Atelier national sur la gouvernance et la sécurité maritime, qui se tient depuis le 15 juillet à ce jour au CFIM. Face à ce constat alarmant, civils et militaires tirent la sonnette d’alarme. Bras armé de l’Action de l’État en mer (AEM), la Marine nationale, forte de ses 2 500 hommes, basés principalement à Antsiranana, peine à couvrir ce vaste territoire face à des menaces croissantes. Pour le contre-amiral Sam Kalobe Michael, chef d’état-major de la Marine nationale, l’urgence est d’abord structurelle. Il plaide pour un cadre de commandement unifié afin que l’État « parle d’une seule voix ». L’objectif de ces trois jours de travaux est clair : dresser un état des lieux sans concession pour jeter les bases d’une réforme profonde. Seule une gouvernance forte saura transformer ce trésor géostratégique en levier de développement.
Narindra Rakotobe





