
Le « Symposium de cybersécurité » s’est achevé hier après deux jours de travaux organisés par le CIRT Madagascar dans le cadre du projet Prodigy, en collaboration avec l’UGD et plusieurs partenaires. Les échanges ont mis en lumière les principaux défis auxquels le pays est confronté en matière de sécurité numérique, notamment le manque de techniciens qualifiés et la faible prise en compte de ces enjeux par certains décideurs. Le ministre du Développement du Numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana, a reconnu l’existence d’un important déficit de compétences. « Nous faisons face à un déficit criant de techniciens qualifiés dans le domaine de la sécurité numérique », a-t-il déclaré. Pour y remédier, une filière spécialisée devrait prochainement voir le jour afin de former davantage de jeunes Malgaches aux métiers de la cybersécurité.
Millions de données. De son côté, le Head Manager du CIRT Madagascar, Eric Rakotomaniraka, a souligné les limites actuelles du dispositif national. Bien que le centre dispose désormais d’équipements performants, capables de détecter les cyberattaques, l’intervention se fait souvent après l’incident. « Nous constatons l’attaque une fois qu’elle est déjà consommée », a-t-il expliqué, évoquant la difficulté d’agir de manière préventive. L’Afrique figure aujourd’hui parmi les cibles privilégiées des cybercriminels. Madagascar n’échappe pas à cette tendance, même si les incidents touchant les grandes entreprises restent rarement rendus publics. Pour illustrer l’ampleur de la menace, le responsable a rappelé le piratage de l’Agence nationale des titres sécurisés, en France, qui avait entraîné la fuite de millions de données personnelles. Malgré ces défis, le secteur attire de nombreux jeunes. Plus d’une centaine de participants prennent part à un concours organisé dans le cadre du symposium, tandis qu’une cinquantaine d’autres suivront une formation spécialisée en attaque et défense informatiques. Pour le CIRT Madagascar, le principal obstacle ne réside toutefois plus dans la disponibilité des talents. « Le grand problème réside chez les décideurs », a conclu Eric Rakotomaniraka, en référence aux responsables des institutions publiques et des entreprises privées.
Nadia R.


