Le propre du régime de la refondation, ce sont probablement aussi ces révélations qui s’enchaînent et qui alimentent un profond malaise au sein de l’opinion publique. Après les anomalies budgétaires estimées à plusieurs milliers de milliards d’ariary mises en lumière par la Cour des comptes, le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) a, à son tour, présenté un rapport faisant état de 325 milliards d’ariary de préjudices pour l’État en 2025.
Sentiment d’injustice et de défiance envers les institutions
Des chiffres vertigineux qui interrogent sur l’ampleur réelle de la mauvaise gouvernance dans le pays. D’un côté ces révélations réjouissent l’opinion dans la mesure où elles traduisent une certaine avancée en matière de transparence. Le fait que ces données soient rendues publiques montre, en effet, que les institutions de contrôle jouent leur rôle, du moins en partie, et que les mécanismes de surveillance commencent à produire des résultats visibles. De l’autre côté, l’ampleur des sommes en jeu soulève de sérieuses inquiétudes, car cela suggère l’existence d’une corruption qui dépasse les cas isolés pour s’inscrire dans un système plus large. Le grand perdant dans tout cela ce sont bien évidemment les contribuables qui constatent sans pouvoir réagir que des ressources qui auraient pu être investies dans le développement du pays, sont utilisées à des fins personnelles par des dirigeants corrompus. En somme, pour une grande partie de la population, ces révélations renforcent un sentiment d’injustice et de défiance envers les institutions. Une population qui se demande à juste titres quelles seront les suites données à ces révélations. Car le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans l’identification des irrégularités, mais dans la capacité de l’État à sanctionner les responsables et à récupérer les fonds détournés. C’est dans ce cas que l’on pourra dire que justice est faite.
R.Edmond.


