
Diplomatie décomplexée ouverte sur le monde. La position de Madagascar de garder sa neutralité par rapport au conflit russo-ukrainien a suscité beaucoup d’incompréhensions et même de l’indignation au niveau de l’opinion publique. Le régime se veut être clair et sort du tiroir la politique de non-alignement – tellement chère à la deuxième République – et le « fihavanana » dans son communiqué d’hier, pour conforter sa décision. Cela malgré les mises en garde de l’OTAN et de ses alliés à travers les diplomates européens présents à Madagascar qui ont précisé que « ne pas agir pour souligner une telle violence reviendrait à l’accepter et à tolérer un acte similaire dans n’importe quel pays du monde », dans son communiqué datant du 28 février dernier.
« Nous saluons tous les efforts diplomatiques et toute initiative visant à maintenir un dialogue constructif et des rapports concluants entre toutes les parties directement concernées, pouvant mener à une résolution pacifique, rapide et durable à ce conflit », poursuit le communiqué. Ce qui laisse entendre que Madagascar invite les deux partis au dialogue suivant le « fihavanana malagasy ».
Déception.
« Madagascar fait déjà face à de nombreux défis : la lutte contre la pauvreté, le développement du pays, la lutte contre la sécheresse et la famine, aujourd’hui conjugués avec les efforts de résilience et de reconstruction à la suite des cataclysmes naturels cycliques », continue le communiqué de la Présidence. Toutefois, ne pas prendre position c’est comme tourner le dos aux bailleurs traditionnels et partenaires de Madagascar. La délégation de l’Union européenne a par ailleurs manifesté sa « déception » quant à la position malgache dans la crise ukrainienne, en marge du lancement des vols pour contribuer à l’assistance des populations sinistrées après le passage des cyclones Batsirai et Emnati, hier. Toutefois, la délégation se dit « satisfaite des 141 pays dont les Comores qui ont voté pour la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies ». Cette décision de Madagascar ne restera pas sans inconvénient, sous-entend cette réaction et la Grande île pourrait perdre des profits au bénéfice des Îles Comores. Mais en attendant l’évolution de la situation, la délégation de l’Union européenne à Madagascar promet quatre vols de liaison par semaine entre Antananarivo et le Sud-Est.
Julien Rakotomalala




