Rétablir le service national. L’idée a été évoquée par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, le week-end dernier à Ihosy, pour renforcer la discipline chez les jeunes. Il reste à en déterminer les modalités.
SN
Indisciplinés, partisans du moindre effort, manquant de respect envers autrui, perdant le sens des valeurs, des responsabilités et du goût du travail bien fait. Le tableau est peu reluisant pour dépeindre la situation de la jeunesse malgache actuelle. Un tableau qui s’est construit, sans doute, à partir de la somme de ces cas vus ici et là, montrant une hausse de la délinquance, de la consommation de drogues et de la consommation d’alcool chez les jeunes, ainsi que des problèmes avec l’autorité parentale ou publique. Bref, une jeunesse qui a perdu bien des repères. Sans débattre longuement des causes, la situation de la jeunesse malgache nécessite des dispositions pour « redresser la barre ». Le service national (SN) en fait-il partie ?
En tout cas, le Service national hors forces armées populaires (SNHFAP), tel qu’il était vécu du temps de la seconde République, était diversement apprécié. Ceux qui en ont fait l’expérience reconnaissent que le SN n’a pas été une « pure perte de temps », en dépit de l’imperfection du dispositif. Le SN était alors destiné aux nouveaux bacheliers : une année après le baccalauréat pour « servir le pays » en apportant leur contribution à l’éducation et à l’enseignement. Ils suivaient quelques mois de formation civique et militaire durant lesquels certaines valeurs leur étaient inculquées : le sens du devoir, l’amour de la patrie, l’esprit d’équipe. On leur apprenait le maniement des armes ainsi que plusieurs compétences pratiques, puis ils étaient affectés dans des écoles ou des collèges publics, ou, pour une minorité d’entre eux, dans les services administratifs.
Dans certains pays, le service national est obligatoire pour tous les citoyens, hommes ou femmes, tandis qu’ailleurs, il est spécifiquement destiné à la réinsertion de jeunes tombés dans la délinquance. Dans plusieurs autres pays, il s’agit plutôt d’un engagement militaire sélectif basé sur le volontariat. Lequel de ces modèles pourrait se rapprocher de celui que le PRRM envisage de rétablir ? Ce qui est certain, c’est que l’idée d’un SN remis au goût du jour ne fait pas que des heureux.
Hanitra R.




