
Une délégation conjointe de l’ONU et de l’UA est dans nos murs pour mener une mission de consultations auprès de toutes les parties prenantes malgaches.
« L’Union africaine et les Nations unies demeurent engagées à accompagner Madagascar dans ses efforts en faveur de la paix, de la cohésion nationale, de la gouvernance inclusive, du développement durable et des droits de l’homme, dans l’intérêt de l’ensemble du peuple malgache ». Ce sont les termes d’un communiqué conjoint relatif à l’arrivée à Madagascar d’une mission conjointe des deux organisations, qui va mener des consultations auprès de toutes les parties prenantes, du 13 au 18 juillet. Cette mission, conduite par Mohamed Idriss Farah, Envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine, et Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine et chef du Bureau des Nations unies auprès de l’Union africaine, a pour objectif de soutenir les efforts nationaux visant à promouvoir un processus politique inclusif, crédible et porteur de confiance, au service d’un retour durable à l’ordre constitutionnel, affirme le communiqué. Marcel Akpovo, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ainsi que plusieurs experts, font également partie de cette délégation de haut niveau. En effet, à l’instar de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), les Nations unies et l’Union africaine persistent et signent aussi en exigeant un processus de sortie de crise consensuel et inclusif. Le communiqué soutient d’ailleurs que cette mission s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Union africaine et les Nations unies en faveur de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix, de la gouvernance démocratique et des transitions politiques inclusives sur le continent africain.
Malgacho-malgache
Durant leur séjour à Madagascar, les membres de la délégation mèneront une série de consultations avec les autorités nationales, les institutions de la refondation, les responsables politiques, les anciens chefs d’État, les organisations de la société civile, les représentants des femmes et des jeunes, notamment les mouvements issus de la dynamique citoyenne, les acteurs religieux, le secteur privé, ainsi que les partenaires internationaux. D’après le communiqué, la mission vise à écouter les différentes parties prenantes, recueillir leurs perspectives sur la situation actuelle du pays, identifier les facteurs de confiance et les préoccupations majeures, ainsi qu’à examiner les conditions susceptibles de favoriser un processus politique inclusif et crédible, en appui à la mise en œuvre du plan d’action de la refondation. Hery Rajaonarimampianina et Andry Rajoelina ne se trouvant pas dans le pays, la délégation va certainement rencontrer leurs mandataires respectifs. Il convient en effet de rappeler que, pour le moment, Marc Ravalomanana est le seul ancien chef d’État présent dans le pays. Cette mission arrive pile au moment où certains politiciens pro-refondation, en l’occurrence Pety Rakotoniaina, Fidèle Razara Pierre et certains militants de la GEN Z, commencent à évoquer l’idée d’une prolongation de la transition tout en incitant le président de la refondation, le colonel Michaël Randrianirina, à le faire unilatéralement. Pour leur part, les Nations unies et l’Union africaine réaffirment leur attachement à l’appropriation nationale du processus, et encouragent un processus malgacho-malgache pour favoriser un dialogue constructif, renforcer la confiance entre les parties prenantes et soutenir l’émergence de solutions durables portées par les Malgaches eux-mêmes. Pour l’heure, le processus de concertation nationale devant aboutir à ces résultats ne semble pas encore sur la bonne voie.
Davis R





