


Maître Saïd Larifou plaide pour une affirmation plus forte de la Grande île
À l’heure où les équilibres géopolitiques mondiaux connaissent de profondes mutations, la question de la souveraineté revient au premier plan des débats. Pour Madagascar, cet enjeu ne se limite pas à la préservation du territoire ou à la défense des intérêts nationaux. Il concerne également la gouvernance, la valorisation de l’histoire, la maîtrise des ressources stratégiques et la capacité du pays à peser davantage dans son environnement régional et international. Juriste international, Maître Saïd Larifou apporte son analyse sur les moyens permettant à la Grande île de renforcer son positionnement sur la scène mondiale. La souveraineté d’un État ne se mesure pas uniquement à son indépendance politique. Elle repose aussi sur sa capacité à protéger ses intérêts, à consolider ses institutions et à valoriser ses atouts historiques et géographiques. Dans un contexte marqué par de nouveaux rapports de force internationaux, le juriste international estime que Madagascar dispose de plusieurs leviers pour affirmer davantage sa place parmi les nations.
Mémoire nationale : Le 29 mars 1947, un héritage à valoriser
Le 29 mars 1947 constitue une date majeure de l’histoire contemporaine de Madagascar. Pour le juriste international, cet épisode ne doit pas être réduit à une simple commémoration. Il représente un élément important de la mémoire collective et participe à la construction de l’identité nationale. Le juriste international souligne que la connaissance de cette histoire doit également permettre de mieux comprendre les enjeux actuels. La valorisation de cet héritage pourrait contribuer à renforcer la conscience nationale et la position de Madagascar dans ses relations avec ses partenaires internationaux.
Droit international : L’Afrique appelée à participer davantage aux décisions
Sur le plan international, il estime que les pays africains doivent dépasser une logique d’adaptation aux règles définies par les grandes puissances. Il affirme que le continent doit prendre une part plus importante dans l’élaboration des normes qui concernent son avenir. Cette implication concerne notamment la gestion des ressources naturelles, la protection de la souveraineté territoriale ainsi que les questions environnementales. Pour lui, l’Afrique doit devenir davantage actrice dans les grandes décisions internationales qui influencent son développement.
Océan Indien : Une position stratégique à transformer en opportunité
Avec sa situation géographique exceptionnelle, Madagascar occupe une place stratégique dans l’océan Indien. Le canal du Mozambique représente un espace confronté à plusieurs défis, notamment en matière de sécurité maritime, de trafic, de migrations et de protection des ressources. Toutefois, le juriste souligne que les réponses ne peuvent pas se limiter aux seuls dispositifs sécuritaires. Les dimensions économiques, sociales et environnementales doivent également être prises en compte dans les stratégies régionales. Il estime que Madagascar doit transformer sa position géographique en un véritable levier de coopération et de stabilité dans l’océan Indien.
Institutions : La consolidation de l’État comme fondement
Pour le juriste international, la capacité d’un pays à défendre ses intérêts sur la scène extérieure dépend avant tout de sa solidité interne. Il insiste ainsi sur la nécessité de renforcer les institutions, de garantir l’État de droit et de lutter efficacement contre la corruption. L’avocat affirme que la confiance des citoyens envers les institutions constitue une condition essentielle à la construction d’un État pleinement souverain. Sans une gouvernance efficace, les ambitions de transformation nationale risquent de rester limitées.
Diaspora et coopération régionale : Des ressources encore sous-exploitées
La diaspora malgache représente également un potentiel important pour le rayonnement du pays. Selon lui, les compétences, les expériences et les réseaux des Malgaches établis à l’étranger pourraient être davantage mobilisés dans les stratégies nationales de développement. Il estime également qu’une participation plus active de Madagascar au sein des organisations régionales, notamment la Commission de l’océan Indien (COI) et l’Union africaine, pourrait permettre à la Grande île de renforcer son influence. Reste à savoir comment ces orientations pourront se traduire dans les politiques publiques et les décisions concrètes. Car, au-delà des discours, l’affirmation de la souveraineté dépend surtout de la capacité d’un État à transformer ses ressources, son histoire et ses atouts stratégiques en résultats durables.
Propos recueillis par Nadia R.


