
Le Dr Haingonirina Ignace Rajaosolomanantena, enseignant-chercheur à l’École Supérieure Polytechnique d’Amoron’i Mania (ESPAM), a mis au point un modèle d’intelligence artificielle baptisé « FRDL » (Fourier – Riesz Deep Learning), destiné à renforcer la sécurité des données numériques.
Cette innovation place la recherche malgache au cœur des enjeux liés à la cybersécurité et à la souveraineté numérique. Dans un contexte marqué par la multiplication des cyberattaques et l’accélération de la transformation numérique, la protection des données est devenue un enjeu stratégique pour les États. Les infrastructures critiques, les réseaux de télécommunication, les services publics ou encore les systèmes de défense nécessitent désormais des solutions de sécurité toujours plus performantes. C’est dans cette optique que le Dr Haingonirina Ignace Rajaosolomanantena a développé le modèle FRDL. Celui-ci repose sur un système de chiffrement capable de générer des clés intelligentes et adaptatives. Contrairement aux procédés classiques utilisant des clés fixes, cette technologie renouvelle automatiquement les clés de chiffrement en temps réel. Dans le cas d’un flux vidéo, par exemple, chaque image est protégée par une nouvelle clé, rendant toute tentative d’interception rapidement inefficace.
Ecosystème numérique. Selon les résultats obtenus, le modèle répond aux critères d’évaluation des standards internationaux, notamment ceux du National Institute of Standards and Technology (NIST), tout en maintenant la qualité de transmission des données. En marge de son intérêt scientifique, cette innovation ouvre des perspectives pour Madagascar. Elle pourrait contribuer au renforcement de la sécurité des infrastructures numériques nationales, tout en réduisant la dépendance du pays aux solutions technologiques étrangères. Elle met également en lumière le potentiel de la recherche menée au sein des établissements d’enseignement supérieur en région, à travers les travaux réalisés à l’ESPAM. Le développement de cette technologie pourrait également favoriser l’émergence d’un écosystème numérique à forte valeur ajoutée et renforcer l’attractivité de Madagascar dans le domaine des technologies de l’information.
Transformation numérique. Le chercheur souhaite désormais élargir ses travaux en développant des collaborations avec d’autres institutions scientifiques. « Je souhaite que cette recherche, née à Madagascar, puisse servir de base à des collaborations avec d’autres chercheurs et institutions, et contribuer plus largement au positionnement du pays dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la cybersécurité », indique-t-il. Cette avancée illustre la capacité de la recherche scientifique malgache à proposer des solutions innovantes répondant aux défis actuels de la transformation numérique.
Recueillis par Nadia R.




